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Cherokee : « Découvrir le monde tout en faisant ce que j’aime »

Texte : Godefroy Gordet
Image : Breejette Bradley

S’il fallait parler d’une avant-garde de la house luxembourgeoise, on aurait à cœur de mettre Cherokee en tête de liste. Producteur franco-luxembourgeois originaire de Nancy, Dorian Miche porte avec brio ce projet aux accents « french-touch » prononcés. Décomplexé depuis la bonne réception de son premier EP American Spirit (2012) qui le lance juste après, sur son hit Don’t Matter (2013 en feat avec Darianna Everett), Cherokee nous régale depuis. Son second EP, Teenage Fantasy (2015), délicieux et croustillant, nous avait d’ailleurs fait languir de retrouver le jeune producteur, parti soutenir son travail aux quatre coins du globe. Signé sur le label très stylé et indé, Roche Musique, Cherokee fait parti des grands espoirs de la nouvelle scène électro. L’artiste en pleine promo de Sampled Moods – une compil’ sur laquelle il signe 6 titres originaux -, a pris le temps de nous raconter tout ça…

Quel a été ton parcours avant de développer ton projet électronique Cherokee ?

La musique est le seul parcours que j’ai ! Je me suis mis à la production musicale alors que j’étais encore en 2nde, au Lycée. À l’époque, je voulais comprendre comment des groupes comme Justice, Daft Punk ou Cassius, créaient leur musique, leurs sons… Quand j’ai découvert qu’on pouvait utiliser des logiciels de MAO, je me suis lancé. La création du projet Cherokee est venue quelques années après.

Initialement en duo, avec Cherokee tu te tournes finalement vers un projet solo. Une façon d’écrire ta musique avec plus d’indépendance ?

Effectivement, le fait d’être seul aux commandes me donne le contrôle total sur mon projet et je peux vraiment décider où je vais. Je me sens plus libre. Dans un duo, il faut savoir faire des concessions. Aujourd’hui, je dois réussir à me convaincre moi-même, pour arriver au résultat qui me satisfait. Si je fais quelque chose qui ne me plait pas à 100%, je tourne la page et je recommence…

Ton premier EP American Spirit sort en 2012 et accompagne une volonté de ta part de partager ta musique. Dans ce premier disque on sent des influences du côté de chez Ed Banger Records ou les mastards que sont Justice ou les Daft Punk. Tu avais quoi dans la tête quand tu as composé ce format court ?

On voulait taper fort pour se faire entendre, et qu’on nous remarque. C’est ce que je ressens encore aujourd’hui quand je le réécoute : les beats sont très marqués, lourds et agressifs. Une toute autre approche par rapport à celle que j’ai aujourd’hui.

Publié en 2013, Don’t Matter en feat avec Darianna Everett est ton premier hit. Un titre house, d’influence French Touch, super profond, de la « pornographie pour les oreilles » pour certains… Quelle dimension a pris ta musique après ce succès ?

Le double single Don’t Matter a été le dernier projet qui a été fait en binôme. Ça a été et c’est encore aujourd’hui une des sorties importantes pour Cherokee. Ça m’a permis de pouvoir bien préparer le terrain pour l’EP Teenage Fantasy qui est sorti après.

Avec cet EP, est-ce qu’on peut parler d’un nouveau son, d’une sorte de French Touch 3.0 ?

La French Touch, et c’est mon avis personnel, c’est tout ce qui s’est passé fin des années 90 avec entre autres Air, Daft Punk, Cassius, Stardust, Modjo, Alan Braxe, Bob Sinclar, St Germain, The Supermen Lovers, DJ Falcon, Motorbass, Le Knight Club, Pépé Bradock et j’en passe. Effectivement ces groupes et musiciens ont très largement influencé des milliers d’autres personnes et mouvements musicaux par la suite, c’est indéniable.

Sorti en 2015, Teenage Fantasy fait suite à l’enthousiasme créé avec Don’t Matter. Un EP qui révèle une nouvelle facette de ta musique toujours trempée d’une French Touch très présente, mais vers une direction beaucoup plus dansante. Tu nous expliques la composition de ce disque ?

Avec cet EP, j’ai voulu montrer plusieurs facettes du projet Cherokee. Le premier titre Teenage Fantasy est un morceau avec des accents pop assumés. J’ai voulu allier une certaine pop rêveuse à la musique électronique. Pour ce qui est de Dakota, c’est un morceau où j’ai voulu mettre en avant un certain groove notamment grâce à une ligne de basse très présente. Ensuite, avec Passion, j’ai voulu m’essayer un peu à un beat plus tourné hip-hop, tout en essayant d’y ajouter une atmosphère un peu ténébreuse. Les deux derniers morceaux Night Bells et Edge ont été très amusants à produire et sont clairement ceux qui sont les plus propices à faire danser, j’aime beaucoup les passer en club.

Le 21 février dernier tu as sorti Sampled Moods, une compilation de 6 titres dont certaines exclus que tu n’avais encore jamais sorties. Quelles ambitions tu développes avec cette compil’ ?

Cette compilation c’est une réponse à toutes les personnes qui m’ont demandé où ils pouvaient se procurer ces six titres. Désormais ils sont disponibles sur la majeure partie des plateformes de streaming. C’est un moyen pour moi de remercier les gens qui me suivent tout en faisant découvrir mon travail à ceux qui ne le connaissent pas.

Ta musique te fait sillonner le monde de l’Asie à l’Amérique du Nord en passant par les États-Unis et l’Europe… Des live en Chine, à Hong Kong, en Corée, au Mexique et partout ailleurs… ça ne te donne pas un peu le tournis tous ces voyages ?

Honnêtement je me sens privilégié de pouvoir voyager, découvrir le monde tout en faisant ce que j’aime ! Quelques fois avec les décalages horaires, les vols interminables, les taxis, c’est sûr que c’est un peu fatiguant mais dès que je monte sur scène et que je vois les foules, je veux juste passer un super moment avec tout le monde.

Quels sont tes projets pour la suite ?

Continuer à faire de la musique comme je l’entends et donc à mon rythme, c’est important et vital pour moi.