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Hommes aux mille mains

Texte Kim Wald

On entre tout doucement dans ce spectacle. On y entre sur la pointe des pieds, comme une envie de murmurer, de fermer les yeux, de se laisser aller à une tendre poésie. Cette pièce pour Jean Cocteau, le grand cinéaste, dramaturge, poète et magicien, nous tire lentement vers un pays de rêve, d’enfance, de beauté.

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« Il ne s’agit pas de comprendre, il s’agit de croire », Cette phrase psalmodiée du début à la fin est comme un rappel à ce qui nous unit tous et dépasse l’entendement, la raison, la dureté. Chut. Ecoute les enfants qui jouent dans la cour et les voix entrecroisées qui murmurent, regarde les ombres chinoises superbes qui s’enchaînent sur l’écran ou les dessins qui toujours si lentement, se révèlent à toi.

La magie de Cocteau, reprise par l’illusionniste Philippe Beau prend une dimension merveilleuse dans les divers tableaux où s’entremêlent des fils qui se déchirent puis se réparent, des journaux qui se plient et se déplient, des balles qui disparaissent puis reviennent, des miroirs qui semblent ne refléter qu’eux-mêmes, « Il faut voir avec les yeux du cœur qui ne jugent pas ».

On n’ose plus respirer, le public comprend qu’il témoigne ici, d’un hommage unique où l’on rêve d’un tour de magie à l’ombromanie, où l’on retombe dans l’enfance comme d’un nuage, « L’artiste n’est pas inspiré, il expire, il exprime seulement sa nuit ».

Quelle sensibilité qui plane, comme ça, tout doucement entre les notes de piano, les extraits de films à l’envers et les paroles si belles de Cocteau, qui en effet, reste avec nous pour toujours, « car les poètes ne meurent jamais ».