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Stromae : « Mosaert, c’est un label créatif avant tout ! »

Texte : Mathieu Rosan

Le label Mosaert, composé de Paul Van Haver alias Stromae, de sa femme styliste Coralie Barbier, et du directeur artistique Luc Junior Tam, s’invite au Bon Marché Rive Gauche à Paris, du 7 avril au 13 mai, dans le cadre de l’exposition « Mosaert Fabrique ». À cette occasion, nous avons été à leur rencontre afin qu’ils nous présentent leur nouvelle collection.

Vous pouvez nous expliquer en quelques mots quel est le concept derrière votre label ?

Paul. Mosaert, c’est un label créatif avant tout! En tous cas, on essaye de l’être dans une multitude de domaines ; que ce soit les vêtements, les clips, la musique ou d’autres modes d’expression. Il n’y a peut-être que dans l’architecture que nous n’avons encore rien fait (sourire).

Vous aimez contraster vos créations avec des imprimés très vivants sur des vêtements aux coupes plutôt classiques. Pourquoi ce choix ?

Paul. C’est vrai qu’en général, je suis davantage attiré par les coupes classiques. Dans les variantes de pantalon par exemple, ça va être carotte ou slim, en général. Par exemple, les pattes d’éléphant, je ne m’imagine pas trop faire ce genre de choses. Je ne suis pas sûr que j’oserais en porter, d’ailleurs (rires).
Coralie. Chez nous, la création débute par l’imprimé. C’est vraiment ce qui fait l’ADN de notre marque et qui guide tout le reste du processus créatif. En plus, comme les imprimés sont vraiment chargés, si on vient avec des coupes compliquées, ça risque de faire un peu déguisement (rires). Il y a aussi notre désir de faire de l’unisexe, qui restreint les coupes, malgré tout.

Comment se fait le choix de vos différentes collections capsules ?

Paul. Coralie imagine tout et ensuite, seulement, elle me fait un brief. Elle fait un premier draft sur sa tablette – des exemples de motifs – et elle envoie ça aux graphistes. J’ai toujours un peu de mal à imaginer le motif sur la coupe, au contraire de Coralie, qui visualise le truc assez rapidement. J’ai peur d’avoir des a priori parce que je n’arrive pas à visualiser le résultat final, du coup je lui fais vraiment confiance. Je ne suis pas styliste, je préfère la laisser avancer et après je lui dis si c’est la vision que j’avais.

À qui s’adresse Mosaert finalement ?

Coralie. Comme on ne vend que sur Internet, c’est vrai que c’est compliqué d’avoir une idée précise de qui est le client Mosaert. Avec notre collaboration avec le Bon Marché, on va pouvoir avoir une idée plus précise de qui achète nos vêtements. Notre clientèle a un peu évolué, mais en ce qui concerne la tranche d’âge, on est assez large : de 25 à 60 ans, au moins (rires).

Quelle est la pièce iconique Mosaert ?

Coralie. Je dirais, les chaussettes et les polos…Mais surtout les chaussettes. On les propose même en collector pour Noël ! En revanche, les polos vont continuer à évoluer, ce qui n’est pas le cas des chaussettes. C’est un truc que l’on proposera toujours, je pense.

D’où est venue l’inspiration de votre nouvelle collection capsule ?

Coralie. C’est toujours compliqué de se souvenir d’où vient l’inspiration pour une nouvelle collection. Tout le monde dit que c’est un hommage à la Belgique, mais ce n’est pas forcément le cas. On trouve ça cool, mais l’idée de base, ce n’était pas forcément ça. On est évidemment influencé par ce qui nous entoure et le fait d’avoir beaucoup voyagé avec les tournées de Paul nous inspire forcément. Pour la dernière collection, le fait d’être revenu en Belgique m’a peut-être inconsciemment inspirée, c’est possible. Je voulais avant tout changer de technique d’impression.

Par le biais de cette 5e capsule, vous allez organiser votre premier défilé. Pourquoi ne pas l’avoir fait avant ?

Paul. Les collections n’étaient pas assez conséquentes, on ne savait pas faire de silhouettes entières. C’est pour cela d’ailleurs qu’on utilisait le terme capsule et non celui de collection. Les grandes marques sortent 60 silhouettes par ligne : du coup, c’était un peu compliqué pour nous d’utiliser ce terme. Là, on est à 15, ce qui nous permet d’avoir la prétention de faire notre premier défilé.


Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le Bold #51 dispo actuellement.