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ARMEL CAMPAGNA : « Un festival c’est une véritable histoire d’amour »

ITW : Pamela Mango & Carl Neyroud
Image : Mainsquare festival / live nation

Les 5, 6 et 7 juillet prochain, la 15e édition du Mainsquare Festival se déroulera dans la Citadelle d’Arras. Evidemment, nous serons au rendez-vous. Toujours en quête d’informations, nous avons rencontré Armel Campagna, directeur du festival. Que nous a-t-il appris de l’organisation de cet événement majeur ? La suite c’est par ici.

Depuis quand es-tu impliqué dans l’organisation du Mainsquare et quel est ton rôle ? 

Je suis directeur de Mainsquare depuis 2011, c’est un festival qui était antérieur à mon arrivée et qui se tenait, jusqu’en 2009, sur la grande place d’Arras avec une seule scène. Depuis 2010, le festival se déroule sur la citadelle d’Arras (monument ancien classé UNESCO, ndlr.). C’est, de nos jours, l’un des seuls festivals qui peut se vanter d’être complet avant l’heure. Cette année, nous attendons d’ores et déjà plus de 126000 visiteurs, un record ! Un festival c’est comme un bébé, c’est une véritable histoire d’amour. J’ai eu mon premier enfant juste après mon premier Mainsquare : je les ai vus grandir ensemble. Tu es toujours en perpétuel questionnement et en attente des retours des festivaliers pour améliorer l’événement et c’est ça qui est beau, tu grandis avec, et le festival te fait grandir.

Qu’est-ce qui aiguille vos choix pour la programmation ?

Je pars de bonnes expériences et j’essaye de transformer l’essai. Avoir vu en 2016 les Nekfeu mettre le feu m’a donné envie de programmer Lomepal et Damso, par exemple. Cette année, j’ai un peu plus de DJs parce qu’il y avait une demande pour clôturer la grande scène en mode feu d’artifice. C’est également un festival qui attire de grands noms, car nous sommes très forts en technique, avec des grosses structures son et lumières, notamment. Puis la Citadelle c’est une enceinte naturelle, tu n’as pas les effets du vent que tu peux avoir sur un plein air normal, pas de perte de son. Tu sais ce que t’as fait, ce qui marche. Pour autant, parfois, tu loupes aussi. Je n’ai jamais réussi à avoir The Cure et ça fait 10 ans, mais les seuls festivals français que Radiohead ont fait ces dernières années c’était ici au Mainsquare. On a une grosse densité de programmation, comme par exemple cette année Cypress Hill, Damso, Christine and the Queen, Angèle, tout ça dans la même journée… C’est ce qui fait que ça fonctionne.

Vous ouvrez une nouvelle scène – Le Bastion –  afin de mettre en avant les talents des hauts de France, c’est important pour vous la scène locale ?

Depuis 2014, on a un tremplin qui ouvre la deuxième scène du festival tous les jours. Cette année, on a réussi à faire des aménagements pour obtenir une troisième scène et y accueillir et y donner la parole à des groupes qui font l’actualité locale toute l’année. Le festival doit avoir une continuité sur son territoire. Donc, je suis super content de donner cette scène-là aux artistes locaux.

Depuis quelques années, de plus en plus d’artistes de rap et hip-hop à l’affiche de beaucoup de festivals généralistes. Comment expliques-tu ce phénomène de montée en puissance de ce courant musical.

Moi je n’en ai pas tant que ça, ça reste tout de même pop rock hip-hop électro. Ce qui est sûr, c’est que les artistes hip-hop ont un véritable savoir faire au niveau streaming et au niveau des vidéos, du buzz. Plus que les artistes rock qui ont une manière plus traditionnelle de promouvoir leur sortie d’albums. Clairement le hip-hop est un genre qui explose, mais si tu regardes, on aura aussi du rock, du folk. Ce qui est cool c’est que je n’ai jamais eu autant de femmes à l’affiche que cette année et ça c’est bien !

Vous vous occupez aussi du Lollapalooza Paris et du Download, c’est justement pour répondre à une demande plus rock d’une certaine catégorie de public ?

Oui, pour le Download c’est l’ADN du festival rock métal, c’est assez facile. Le Lollapalooza c’est aussi généraliste. Ça dépend complètement du planning de tournée du groupe, je n’ai pas une attente précise pour un style, il faut que la programmation soit bien ficelée. Il faut qu’il y en ait pour tous les goûts, mais je n’aurais pas d’attente pour un headliner rock.

 15 ans pour le Mainsquare cette année, quel est ton / tes plus beau souvenirs des éditions précédentes ?

Pendant le concert de Portishead, quand j’ai pu dire a tous mes amis et mes collegues que j’allais devenir papa. Et quand j’ai vu Radiohead, qui est mon groupe favori depuis que je suis gamin, tu te rends comptes a quel point c’est beau un artiste de cette qualité et de cette musicalité dans le cadre de la citadelle.

 Quelle est ton groupe favori sur cette édition ?

 C’est difficile, il y’a trop de style différent ! S’il y en a que j’ai plus envie de voir que les autres parce que ça fait depuis 2011 que j’essaie de les avoir c’est Cypress Hill, donc je suis super content ! Lizzo aussi, car elle peut devenir un phénomène mondial, et mes petits protégés les Rival Sons. Et pour le côté punk, Shame et Iddles because Rock is not dead !

 Si tu avais un vœu à réaliser pour les futures éditions, quel serait-il ?

Rage Against the Machine et Paul McCartney pour la programmation (rires) ! Et sur le projet général, c’est de continuer à être fidèle aux demandes des festivaliers, leur apporter la meilleure expérience possible, c’est eux qui font le festival c’est l’augmentation de leur fidélité qui fait que le Mainsquare est là où il en est, je leur dois ça ! Je m’efforce avec mes équipes de travailler non-stop pour leur rendre bien et cette année je suis vraiment fier qu’ils découvrent la 3e scène et les nouveaux espaces pou ‘chiller’. Ça me tellement fait plaisir de voir ces milliers de sourires de voir des gens qui se retrouvent. Ça c’est une grande fierté.