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Bakermat : « Pas besoin de faire de la pop mielleuse pour passer à la radio »

Interview : Mathieu Rosan
Photos : DR

De passage à Den Atelier le 9 mars prochain, Bakermat est l’un des DJ’s les plus prisés du moment. Après son tube planétaire Vandaag, il a su imposer son style si particulier, mélangeant musique classique et électronique. Une marque de fabrique que l’on adore et qui nous a donné envie d’en savoir plus sur ce DJ pas comme les autres. 

Est-ce que tu peux nous raconter ton parcours avant d’être l’artiste que l’on connaît aujourd’hui ?

Je suis un producteur âgé de 27 ans, originaire d’Amsterdam, et cela fait 6 ans que je fais de la musique. J’ai commencé à 21 ans, quand j’étais encore étudiant en psychologie. J’ai enregistré un son, juste pour m’amuser, c’est sorti de nulle part et c’est devenu un gros hit en Europe. Depuis, j’ai décidé d’en faire mon métier et j’ai arrêté les études pour me focaliser sur la composition et les tournées.

Justement, le succès que tu as connu après Vandaag a-t-il influencé ta manière de composer ?

Oui, parce que cela a défini mon style en tant qu’artiste et ça m’a montré qu’il était également possible de connaître le succès avec quelque chose de spécial et de différent. Tu n’as pas toujours besoin de faire de la pop mielleuse pour passer à la radio. Je cherche donc toujours un moyen de produire une musique originale et fraîche.

Comment t’es venue l’idée d’intégrer dans cette musique un sample du discours de Martin Luther King et de l’associer avec des rythmes groovy ?

Pour moi, le discours de Martin Luther King est un morceau de musique en soi. Du coup j’ai décidé de le remixer. Son discours est en réalité très mélodique, avec des crescendos et tout ce qui va avec. Je voulais donner au discours la bande-son qu’il méritait.

Quand as-tu commencé à créer de la musique ?

Je pense que j’avais environ 20 ans lorsque j’ai décidé d’arrêter les études pendant un semestre afin de voir si j’avais des talents créatifs. J’ai commencé à faire de la comédie, à faire de la photo et à faire de la musique. Évidemment c’est la musique qui m’a finalement convaincu!

À chaque fois que l’on écoute l’un de tes morceaux, on reconnaît ta patte. Qu’est-ce qui d’après toi te singularise ?

Vu que je n’ai jamais étudié la musique, mes accords et mes méthodes de production sont très différents de ceux de la plupart des producteurs. C’est pourquoi mes sons se démarquent autant. De plus, j’ai toujours aimé avoir des mélodies dans ma musique, en particulier celles avec des instruments traditionnels comme le saxophone, le violon ou la guitare.

On peut entendre beaucoup d’influences dans tes morceaux. Quels sont les artistes qui t’inspirent ?

Je suis très inspiré par le jazz (je collectionne d’ailleurs beaucoup de vinyles) et la soul. Je pense que la musique doit exprimer les émotions, et ces deux genres y arrivent parfaitement. Mais je suis aussi influencé par des légendes de la dance comme Moby et Fatboy Slim. Calvin Harris m’inspire aussi beaucoup actuellement. Il maîtrise parfaitement la combinaison et la réinvention des genres et des ambiances.

Tu n’hésites pas à faire intervenir de manière prononcée des instruments dans tes sons avec le saxophone notamment. C’est quelque chose qui te tient à cœur d’allier musique électronique et instruments plus « classiques » ?

Ma mère est chanteuse d’opéra. J’ai donc été élevée essentiellement avec de la musique classique acoustique. C’est pour cette raison que j’utilise toujours des instruments traditionnels dans ma musique. J’adore la touche organique qu’ils donnent. Le mélange entre les synthés, les percussions électroniques et le saxophone ou les instruments à cordes joués par l’homme est la meilleure des choses selon moi.

Tu revisites d’ailleurs souvent d’anciennes musiques. Tu aimes ce côté « rétro-electro » ?

Oui j’adore. J’écoute en général de la musique plus ancienne, car je ne suis pas très fan de la pop ou d’autres genres plus actuels. Je trouve ça génial de laisser les nouvelles générations apprécier certains des chefs-d’œuvre qui ont été créés à l’époque. C’est un peu du recyclage finalement !

Comment gères-tu la notoriété et ton nouveau rythme de vie qui t’impose d’aller te produire aux quatre coins du monde ?

Il y a une différence entre être un DJ et une popstar. Etant DJ, je ne suis pas vraiment reconnu, donc la partie « célébrité » est très facile à gérer. J’aime voyager à travers le monde, voir les endroits les plus merveilleux et rencontrer de nouvelles personnes. Je suis très chanceux.

Tu as travaillé avec de grands musiciens comme Kiesza et Alex Clare. Peut-on s’attendre à d’autres collaborations de ce genre à l’avenir ?

Je travaille actuellement sur un nouvel album avec Alex et je viens de sortir un titre avec le chanteur londonien Albert Gold intitulé Trouble. J’aime travailler avec des artistes talentueux et inspirés.

As-tu d’autres projets ?

J’ai prévu quelque chose de très spécial pour la fin d’année. Quelque chose de différent de ce que je fais d’habitude. C’est une chanson triste et émouvante.

Tu es déjà venu au Luxembourg ? Qu’est-ce que tu attends de ton set à Den Atelier ?

J’y suis allé une fois pour un show. La foule était fantastique, alors je m’attends à la même chose pour ce concert. Je sais que les Luxembourgeois savent danser !


Bakermat, le 9 mars à Den Atelier. 

Infos et réservations sur www.atelier.lu