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Booba, flibustier rangé, armateur toujours actif

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Booba clame qu’Ultra, tout juste sorti, est son dernier album: le boucanier du rap ne disparaît pas pour autant de l’horizon à 44 ans, puisqu’il continue à mettre à l’eau une flottille de nouveaux talents.

Le « Duc » a répété sur les plateaux qu’il en avait fini avec le format album. Ce qui n’exclut pas un morceau quand ça lui chante. « Un comeback? Ouais, mais pas en album, j’ai des sons qui vont sortir après l’album, j’ai déjà enregistré des featurings (collaborations) », a-t-il ainsi lâché dans « C ce soir » sur France 5.

Et surtout, « B2O » n’a pas l’intention d’abandonner sur un porte-manteau sa casquette de directeur artistique/producteur. « Ce n’est pas comme si j’allais rester chez moi à mettre des coups de pied dans des cailloux, je suis occupé, j’ai mes labels (…) si un de mes artistes réussit ou sort un morceau qui me plaît, c’est une victoire », a-t-il développé dans « Légendes urbaines » sur RFI. « Avec Booba, on est dans la logique du sportif de haut niveau qui ne veut plus continuer mais qui ne va pas sortir du game (du milieu musical) pour autant », analyse Olivier Cachin, journaliste spécialiste du rap.

Comme « Zizou »

« Le modèle c’est Zizou (Zinédine Zidane), celui qui était le meilleur N.10 et veut devenir le meilleur entraîneur; la question c’est y-arrivera-t-il ? », poursuit-il.

Directeur d’écuries — avec les labels 92i, 7 Corp ou Piraterie Music — est un des costumes les moins connus de son personnage, souvent réduit à ses chiffres de vente (ses 9 albums précédents ont été classés au sommet des charts, « Ultra » connaît un démarrage impressionnant) ou à son art consommé du trash et du clash. Qui déborde parfois des réseaux sociaux comme quand il se bat avec Kaaris, un de ses anciens protégés, dans un aéroport.

Tout au long d’une carrière entamée il y a 26 ans, on ne compte plus les coups de pouce (qui ont parfois tourné ensuite aux coups de gueule comme pour Kalash, Damso ; Maes étant l’exception, tête d’affiche entretenant toujours de bons rapports avec lui). Son dernier album fait ainsi la part belle aux jeunes pousses qu’il espère voir s’épanouir. On trouve ainsi sur « Ultra » (chez Tallac Records) des titres avec JSX, SDM, Dala, Gato, Bramsito ou Elia.

« Esprit libre »

« On s’attendait à des featurings de malade (avec des noms connus) pour son dernier album: en fait il y a des rookies (débutants), une nouvelle génération à qui il passe le relais », complète Olivier Cachin. Le titre le plus surprenant est « Grain de sable », avec Elia, collaboration d’une profonde mélancolie, loin de l’univers cru du « Duc ». « Ca prouve qu’il est ultra à l’écoute, ultra sensible, ultra sincère, que c’est un esprit libre, que ce qu’il fait, c’est de la chanson, qu’il en fait partie, qu’il n’est pas en marge », explique la jeune artiste signée sur 92i.

« Il m’a envoyé une instru, ce morceau au piano, je lui ai renvoyé mon couplet et le refrain quelques heures plus tard et il m’a répondu j’ai du travail maintenant (rires), puis il a mis son couplet, la conclusion et a trouvé le titre », confie celle qui avait déjà rencontrée en novembre 2019 avant son passage aux Bars en Trans, le tremplin des Trans Musicales de Rennes. Dans sa partie de chanson, Booba s’amuse avec l’imagerie liée aux pirates (« J’ai l’oeil crevé, une jambe de bois »), signature de ses activités (label Piraterie Music, vêtements griffés Pirates by nature, etc). « Le pirate, c’est aussi celui qui vit entre deux mers, qui va à la découverte des choses », conclut Elia.