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C’est quoi le « vegan way of life » aujourd’hui ?

Hier encore, on les voyait comme des originaux. Aujourd’hui, le « vegan way of life » n’est plus l’apanage d’une poignée de militants, mais un mouvement de plus en plus ouvert et accessible. Décryptage avec Alexis Garcia, le fondateur du magazine lifestyle éthique culture v.

Alexis Garcia est vegan depuis 10 ans. Il est également graphiste de formation. Alors, il a voulu inventer un magazine où l’on parlerait de la culture végan, pour tout le monde, sans culpabiliser personne. Pari réussi après deux ans de travail. Il en ressort culture v, une publication biannuelle élégante, maline et accessible. 

C’est quoi aujourd’hui le vegan way of life ?

La première idée, c’est de réconcilier le quotidien avec le véganisme. Car oui, au quotidien, c’est facile d’être vegan. Il existe de multiples ponts à faire entre les gens. Ce n’est pas qu’un truc d’urbains, ce n’est pas qu’un truc de jeunes. On peut réconcilier la ruralité et l’urbain, ou les jeunes et les anciens. Avec culture v, je m’éloigne de la dimension supposément radicale du mouvement. On essaye de prendre de la hauteur, de communiquer des connaissances de manière apaisée et de voir comment l’on peut convaincre que c’est un mode de vie facile, une philosophie et un mode de vie agréables. 

Est-ce qu’on assiste à une revanche des vegans ?

Je ne pense pas que ce soit une revanche. Je pense que les gens comprennent que ce n’est pas qu’une mode, et que la compassion envers les animaux est accessible à tout le monde. On observe que ça passe avant tout par une logique produit. C’est une façon de s’insérer dans le quotidien des gens, dans leur consommation, mais sans les bousculer. C’est leur choix, c’est juste une proposition qui leur est faite. On n’en est plus aux petits pois chiches et aux petites lentilles. Les produits sont super novateurs et demandent des ressources financières, de l’expertise et de la technologie. Ce qui demande parfois des millions et des millions d’euros et de dollars lorsqu’il s’agit de viande de synthèse. On est sur un véganisme qui est lié à l’innovation. Je trouve ça assez fascinant : un véganisme multiple, naturel ou novateur. On est vraiment dans le futur.

Selon l’Ifop, on remarque que le sujet de la viande élevée in vitro dans les laboratoires reçoit un accueil mitigé de la part du consommateur. Pourquoi à votre avis ? 

On ne peut pas dire que ça ne suscite pas l’engouement des consommateurs parce qu’il n’existe aucun produit sur le marché français. Donc il n’existe pas encore de preuve. On observe juste la frilosité française lorsque l’on voit que l’Espagne ou le Canada investissent des millions d’euros. Je veux montrer qu’en France, on a des gens qui ont le cœur à l’ouvrage, qui sont passionnés, avec l’envie de faire des choses incroyables. Un véganisme à la française existe. 

Alors, demain tous végans ? 

Le chemin est avant tout un choix individuel. Je suis pour l’éducation et pour un travail politique d’accompagnement, des agriculteurs aux cantines. On ne peut pas demander à tout le monde de porter ce choix-là. C’est une volonté qui n’existe pas encore. Pour le moment.