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Comble de l’ironie, une oeuvre de Banksy sur le consumérisme bientôt aux enchères

Banksy et Monet, voici une association qui risque de susciter l’intérêt des collectionneurs d’art du monde entier. Sotheby’s proposera « Show Me the Monet » du street-artiste britannique durant sa vente « Modernités/Contemporary », qui sera retransmise en direct le 21 octobre depuis Paris et Londres. Une toile sur les dérives du consumérisme qui, ironiquement, risque de s’arracher pour plusieurs millions de livres.

« Show Me the Monet » est tiré d’une série de peintures sur huile datant de 2005, intitulée « Crude Oils », dans lesquelles Banksy réinterprète certaines des oeuvres les plus connues de Van Gogh, Edward Hopper et Andy Warhol.

La star des street-artistes s’est librement inspirée de « Le Bassin aux nymphéas, harmonie verte » du peintre impressionniste français Claude Monet pour « Show Me the Monet », où il incorpore des chariots de supermarché et un cône de circulation au paisible étang de Giverny.

« De nombreuses oeuvres phare de Banksy ont été offertes aux enchères ces dernières années, mais seules quelques toiles aussi marquantes et iconiques que celle-ci ont déjà été proposées à la vente », a souligné un responsable de la maison d’enchères Sotheby’s, Alex Branczik.

« Show Me the Monet », dont le titre est un jeu de mots entre le nom du peintre impressionniste et « money » (argent en anglais), pourrait atteindre entre 3 et 5 millions de livres (environ 3,9 et 6,5 millions de dollars) durant la vente « Modernités/Contemporary ».

Les enchères pourraient rapidement s’envoler comme il est coutume pour les oeuvres de Banksy. « Devolved Parliament » s’était arrachée pour 9,9 millions de livres (12,1 millions de dollars) en octobre dernier chez Sotheby’s, soit près de cinq fois son estimation initiale.

La fin de l’anonymat de Banksy ?

La vente de « Show Me the Monet » pourrait également bénéficier de l’engouement autour de Banksy suscité par un récent jugement de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO).

L’artiste britannique vient de perdre la marque déposée de son graffiti « Le Lanceur de fleurs », car les autorités européennes ont estimé que son anonymat signifie qu’il ne peut pas en être formellement identifié comme l’auteur.

« Le problème que posent les droits de Banksy sur l’œuvre ‘Le Lanceur de fleurs’ est clair : protéger ses droits au titre de la propriété intellectuelle exigerait qu’il perde son anonymat, ce qui nuirait à son personnage”, précise le texte de l’EUIPO, publié le jeudi 17 septembre. Par conséquent, « il ne peut pas être identifié comme le propriétaire incontestable de telles œuvres ».

Une décision qui pousse de nombreux spécialistes à se demander si Banksy sera contraint de tomber le masque, après plus de 15 ans d’anonymat, pour préserver son oeuvre.