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comment le gaming a révolutionné la mode

Qui aurait cru un jour que les jeux vidéo apparaîtraient comme une vitrine incontournable pour l’univers de la mode ? Les créateurs et marques de luxe en ont fait leur nouveau terrain de jeu pour présenter leurs collections et bousculer les habitudes de consommation du public. Un défi relevé haut la main au regard de l’impact de ces nouvelles technologies sur une cible pourtant difficile à amadouer, la Gen Z.

Impossible d’être passé à côté de ce phénomène. Présentées sur des podiums il y a encore quelques mois, les collections des plus grandes maisons de mode sont désormais dévoilées – certaines en tout cas – sous la forme de jeux vidéo, quand les marques ne collaborent pas directement avec des géants du secteur pour permettre aux gamers d’habiller leurs avatars aux couleurs des dernières collections en vogue. Un véritable succès qui laisse à penser que la tendance va continuer à se propager à vitesse grand V dans l’univers du prêt-à-porter.

D’après le Digital Fashion Report de la plateforme de shopping mondiale Lyst, réalisé en partenariat avec la maison de mode virtuelle The Fabricant, l’impact de ces nouvelles technologies a été significatif sur les recherches effectuées par les internautes au cours des derniers mois. A titre d’exemple, les recherches de pièces Balenciaga ont augmenté de 41% sur Lyst seulement 48 heures après la présentation de la collection automne-hiver 2021 de la maison via le jeu vidéo « Afterworld : The Age of Tomorrow ».

Le constat est le même pour les recherches concernant la collection TB Monogram de Burberry (+32%) qui ont bondi après la présentation du jeu « B Surf » mettant en lumière des pièces conçues par la maison britannique. Le public semble également avoir apprécié la présentation de la ligne de mode circulaire de Gucci, Off The Grid, dans les « Sims 4 » puisque les recherches de pièces de la maison italienne ont décollé de 82% dans les jours suivants.

L’avènement des influenceurs virtuels 

Autre tendance à ne pas négliger : le succès spectaculaire que connaissent actuellement les mannequins et influenceurs virtuels. De simples avatars, certes, mais qui parviennent à soulever les foules et à cumuler jusqu’à plusieurs millions d’abonnés sur les réseaux sociaux. Le phénomène ne date pourtant pas d’hier; la marque Forever 21 expérimentait déjà les mannequins hologrammes en 2011, alors qu’Olivier Rousteing, directeur artistique de Balmain, présentait dès 2018 une campagne portée par les mannequins virtuels Margot, Zhi, et Shudu Gram.

Lil Miquela, influenceuse virtuelle, mène désormais la danse avec ses 3 millions d’abonnés sur Instagram. Le Digital Fashion Report nous apprend d’ailleurs que les recherches pour la doudoune Moncler x Rick Owens Tonopah ont augmenté de 43% en décembre suite à la sortie du magazine digital Euphoria où elle apparaissait en couverture. Mais elle n’est pas la seule, des influenceuses comme Noonoouri (374.000 abonnés) et Imma Gram (331.000 abonnés) peuvent également se targuer d’influencer la planète mode. Une véritable prouesse pour ces filles virtuelles.

Les nouvelles technologies au service de la durabilité ? 

Alors que la mode est actuellement en pleine mutation, on peut se demander comment utiliser la réalité virtuelle, les avatars, voire même les jeux vidéo pour limiter l’impact de l’une des industries les plus polluantes sur la planète. La frontière entre réel et digital pourrait justement jouer un jeu, et permettre aux consommateurs de porter les tenues les plus extravagantes sans nuire un seul instant à l’environnement. 

« Nous avons dans l’idée de développer notre activité pour un futur où la mode physique devient utilitaire afin de préserver les ressources naturelles. Au contraire, dans l’environnement numérique, nous pouvons donner libre cours à notre imagination en matière de mode. Dans un monde dématérialisé où tout est possible, nous pouvons nous exprimer avec audace, sans limites ni obstacles. Nous imaginons que la mode digitale s’incarnera naturellement dans le monde physique : notre alter ego portant des vêtements numériques sera visible à tout moment par le biais d’appareils numériques connectés », indique Michaela Larosse, Head of Content & Strategy chez The Fabricant.

De la science-fiction à la réalité, il semble désormais n’y avoir plus qu’un pas…

Le Digital Fashion Report combine des données quantitatives – dont les données de recherches obtenues auprès de plus de 100 millions d’acheteurs annuels sur Lyst, des données de Google, les mentions sur les réseaux sociaux et dans la presse sur une période de 12 mois – avec des informations qualitatives, obtenues par le biais de commentaires et de courts entretiens menés auprès d’experts du secteur chez Lyst et The Fabricant.