Regarder la vidéo en entier
Accéder directement au site
BOLD Magazine BOLD Magazine

Den Atelier en toute LIBERTines

Texte : Loïc Jurion & Carl Neyroud
Photos : Carl Neyroud / Deadly Sexy Carl
+
de photos

Avant les dernières voies de fait du médiatique Peter Doherty, co-leader de The Libertines, Den Atelier affichait déjà « sold out » pour le concert prévu ce dimanche 17 novembre afin d’assister au show du quatuor originel de The Libertines.

Amyjo Doh & The Spangles ouvre cette soirée qui, hasard ou coïncidence, nous propose 3 groupes formés de 4 membres. La jeune chanteuse dotée d’un boa rouge sur son pied de micro et d’un tutu blanc déploie alors son lot d’énergie pour chauffer une salle qui est déjà bien remplie… Le son est super propre pour cette traditionnelle formation Guitare, Basse, Batterie et la chanteuse capte rapidement l’attention avec certaines de ses vocalises proche de Lene Lovitch. Les compositions et l’interprétation présentées sont de bonne facture et le temps passe très vite, très vite. Nous voilà déjà arrivé à l’ovni de la soirée avec le 2ème groupe de cet évènement.

Quand débute sur les chapeaux de roues le show de THE DSM IV,  je vois sur scène un trio composé par une guitare, une basse et un clavier (mais malheureusement pas de batteur car la boite à rythme est un peu aiguë et spartiate) . Toujours est il que je cherche d’où vient la voix. Dès l’entame du set, on ressent une énergie folle avec une voix profonde et puissante dont je n’arrive pas à identifier l’origine. En suivant le fil du micro, je découvre un combo Mulet/Moustache des plus improbables qui « jumpe » et « chante» au milieu de la foule. Après cette ouverture tonitruante, quand le chanteur rejoint son groupe sur scène, c’est pour mieux magnétiser l’audience. Et ça marche (bien qu’il y ait un côté « work in progress » sur certains titres). Le talent fait abstraction du mauvais goût assumé avec son mulet tri-colore bien dégagé sur les côtés, sa moustache façon « Magnum » (la serie des 80’s, pas la marque d’esquimau) et son survêtement de sportif du dimanche tout droit venu de RDA. Nous sommes totalement emportés par cette royale ouverture qui a  laissé en fin de set une ambiance bien électrique dans la salle.

Lors du changement de plateau, on peut se rendre facilement compte de l’aura de Peter DOHERTY puisque le devant de scène est composé presque exclusivement d’un public féminin. Nous nageons en plein stéréotype avec des demoiselles défendant « bec et ongle » leur placement au plus prêt de leur idole. Mais voilà, elles sont fans d’un des artistes qui synthétise le plus, volontairement ou pas, le point faible des vrais Rockers: la ponctualité. Quelques 30 minutes après le début programmé du show, voilà seulement notre Peter qui arrive dans la cour de Den Atelier. Chaussures à la main et une bouille sympathique avec un large sourire style « quelle galère pour vous rejoindre les amis ».  Il s’engouffre alors, sans trainer, par la porte de service vers les loges… Quelques dizaines de minutes plus tard, coiffés d’une casquette façon « Peaky Blinders » les 2 guitaristes / chanteurs des The Libertines investissent la scène et le public exulte lors de la fin de cette « relative » petite attente (sans l’avoir refroidi pour autant).

Heart of the Matter et Horror Show entament le set. Mais c’est avec Barbarians que le magie commence à opérer. Alors que la batterie de Gary Powel muscle le jeu, les Riffs sec de Carl Barât  soulèvent le public. Et quand le groupe entame What Became of The Likely Lads la salle devient le 5ème membre le groupe. Peter Doherty nous livre ici une interprétation aérienne, pleine de sensibilité, mouvante et émouvante pour toucher du doigts ces moments de magie que seul le Rock n Roll peut nous faire vivre (et que Peter sait encore nous offrir au prix de bien d’auto destruction). Carl Barât s’installe alors derrière le piano pour entamer (le bien nommé?) You Are My Waterloo, le groupe anglais ouvre alors une voie céleste pour le show de ce soir. Ils vont ainsi aligner les titres essentiels de leur riche répertoire. Pendant le show, Carl Barât et Peter Doherty forme une torsade humaine autour du micro d’où ne dépasse que leurs guitares tandis que la section Basse / Batterie remplie l’espace de toute leur puissance. John Hassall et Gary Powell crées une telle force, une telle structure sonore qu’ils rendent possible toutes les libertés au deux chanteurs / guitaristes assoiffés d’inspiration et parfois même… d’approximation.

Il aura fallu qu’une petite « Couronne de Fleur » tombe aux pieds de Peter Doherty, pour que ce dernier arrive (enfin) a esquisser un sourire sur le visage du bassiste John Hassal en le coiffant, pour quelques instants avec cet accessoire.

Avec une set-list d’une petite vingtaine de titres, le groupe revient en rappel pour un jam final avant de saluer le public qui applaudi chaleureusement les auteurs de cette rapide et belle prestation. Il y aura même une grande émotion quand les 4 membres du groupe vont se blottir les uns contre les autres. On aurait aimé être une petite sourie pour entendre ce qu’il s’est dit… Ce soir, nous avons pu voir évoluer un groupe en totale « LIBERTines ».