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Élodie Frégé : « Avec Nouvelle Vague je peux faire sortir la bête qui est en moi »

Interview : Mathieu Rosan
Photos : Rod Maurice

Véritable ovni dans l’univers musical à sa création il y a quinze ans, Nouvelle Vague s’est depuis imposé dans le cœur du public au point d’en devenir l’un des groupes français qui s’exporte le plus dans le monde. Alors qu’ils étaient de passage à la Kufa il y a quelques semaines et qu’ils seront présents aux Aralunaires le 30 avril prochain, on a discuté avec Élodie Frégé afin d’en savoir plus sur une recette qui ne cesse de fonctionner et de passer les frontières ! Rencontre.

Tu peux nous raconter ta rencontre avec Marc Collin, l’un des fondateurs de Nouvelle Vague ?

Je l’ai rencontré en 2012 alors que je réfléchissais aux personnes avec qui je pourrais travailler pour réaliser mon quatrième album Amuse Bouches. J’ai discuté avec mon DA de l’époque en lui demandant s’il pensait que Marc Collin serait d’accord pour réaliser mon disque. Ma volonté était de proposer des rythmes différents de ceux que j’utilisais habituellement en y ajoutant des influences latines ou cubaines. Lorsque j’étais petite, j’ai appris la bossa nova avec un professeur argentin et ça me paraissait assez logique d’aller dans cette direction à ce moment-là. Il faut savoir que Marc m’avait déjà contacté deux années auparavant pour un disque avec Nouvelle Vague. Le problème c’est que je n’ouvre pas toujours mes mails (rires) et bien évidement je n’avais pas vu le sien. Malheureusement, au moment où j’ai répondu, il était trop tard pour choisir une chanson et l’interpréter sur le disque Couleurs sur Paris. J’ai raté cette occasion mais pas celle de le faire participer à mon album et de travailler avec lui sur plusieurs titres. Un peu plus tard, il m’a demandé de remplacer Mélanie Pain sur un concert. Je me suis alors mise à apprendre toutes les chansons de Nouvelle Vague par cœur pendant 2 mois et c’est comme cela que j’ai mis le doigt dans l’engrenage. Je suis depuis tombé encore plus amoureuse de ce groupe, de son public et des gens qui travaillent autour. Depuis cette période, je n’ai jamais vraiment quitté Nouvelle Vague. C’est un projet qui m’épanouie énormément ! Certainement parce que ce n’est pas mon bébé et que le public n’attend pas que moi.

Le fait d’avoir intégré le groupe c’est un peu une manière de t’affranchir de cette image…

Je ne l’avais pas vu comme ça, mais cela m’a en effet permis de m’extirper de ces griffes-là et ça m’apporte finalement énormément en tant qu’artiste solo. À partir du moment où j’ai commencé à chanter avec Nouvelle Vague, mes propres concerts ont un peu changé. Ma façon de m’exprimer également. Ça m’a ouvert des portes dans ma manière de communiquer avec le public, même si en France les gens s’attachent beaucoup à une image, une impression, et il faut beaucoup de temps pour qu’ils apprivoisent une personne telle qu’elle est, et non de la manière dont ils la perçoivent. Malgré tout j’ai hâte de retourner sur scène avec un projet solo et perso. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas encore travailler un peu avec Marc Collin (sourire). Je ne sais pas si on le fera du début à la fin mais on aime beaucoup travailler ensemble. C’est quelqu’un en qui j’ai toute confiance donc pourquoi pas !

« Revisiter quelque chose d’existant c’est quasiment le recréer »

Qu’est-ce que Nouvelle Vague évoque pour toi ?

Je n’avais jamais vu ce groupe sur scène avant d’être moi-même avec eux. J’avais une image qui se rapprochait des années 50/60. D’un côté, j’avais l’impression d’être en France, dans un film de Godard ou Truffaut, et de l’autre, sur une plage à Rio avec l’ambiance bossa nova déjà présente dans les premiers albums. J’avais une image extrêmement féminine mais également complétement désabusée. Il y a un vrai grand écart entre l’image des filles qui chantent dans nouvelle vague et les textes un peu punk et trash des groupes des années 80 de la new wave. Olivier Libaux et Marc Collin ont eu cette idée comme une espèce de fulgurance pour s’amuser. Au départ ils ont vraiment fait cela pour se faire plaisir sans imaginer que cela pourrait fonctionner à ce point. C’est assez fou mais on ne peut que constater que la recette transcende la chose.

 

Tu as plutôt l’habitude de composer toi-même tes textes et tes chansons. Reprendre des titres déjà existants est-ce finalement plus reposant ?

Sur les derniers albums on a aussi fait de la composition et de l’écriture mais c’est vrai que le concept est vraiment de faire des cover des groupes punk new wave des années 80. Malgré tout j’ai quand même l’impression que le challenge est beaucoup plus délicat qu’il n’en a l’air. Ce sont souvent des chansons très connues par les fans de cette période-là et cela implique que nous sommes très attendus au tournant. Le fait de revisiter quelque chose d’existant c’est quasiment le recréer tout en ne le saccageant pas et en le sublimant. Finalement c’est parfois plus simple de créer des nouvelles choses car les gens ne s’attendraient à rien. Alors que là, ils s’attendent à quelque chose de mieux ou de pire (rires). C’est un travail de création également. Cela ne peut pas être de la copie. On ne fait pas du Karaoké (rires). C’est vraiment une création autour d’un texte et d’une mélodie. Ensuite on crée les images autour avec les arrangements imaginés par les garçons.

Avec Nouvelle Vague vous reprenez de grands tubes de la new wave en mode bossa nova. Comment expliquer le lien artistique et musicale entre ces deux genres pourtant si éloignés ?

Le lien est assez simple quand on l’explique ; new wave ça veut dire nouvelle vague en français. C’est un mouvement du cinéma des années 50-60. Bossa nova en Brésilien, ça veut dire nouvelle vague également. Finalement le lien est plus sur cet aspect-là. À la base c’est parti d’une idée un peu farfelue des garçons de créer un nouveau monde entre des jeunes filles qui ne connaissaient pas forcément les chansons de cette période-là et de les faire chanter sur des rythmes bossa nova à partir de titres complétement punk. C’est vrai que le lien n’est pas évident de prime abord, il est assez secret, mais on comprend assez rapidemment l’idée derrière tout ça.

Le collectif fête ses 15 ans cette année. Quels sont les morceaux qui ont pour toi le plus marqué son histoire ?

Quand j’ai commencé à écouter Nouvelle Vague, comme tout le monde, ma chanson favorite c’était In Manner of speaking. Je connaissais évidemment pas mal Depeche Mode, la chanson Just can’t get enough, et toutes ces chansons-là je les avais évidemment en tête. J’avoue que j’ai un lien particulier avec l’une d’entre elle qui s’appelle The Killing Moon du groupe Echo & The Bunnymen. Je l’ai découverte à la fin des années 90 dans le film Donnie Darko qui est absolument incroyable !


Entretien à découvrir en intégralité dans notre édition 61 !