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Feu! Chatterton : « Le propos c’est d’allier la poésie avec notre style musical »

Texte : Mathieu Rosan
Photo : Sacha Teboul

Alors qu’ils seront de passage à la BAM de Metz en début d’année prochaine, nous n’avons pas résisté à l’envie de discuter avec les membres de Feu! Chatterton. Figure de proue du rock indé francophone de ces dernières années, nous adorons leur façon de faire cohabiter sophistication du verbe et compositions rock. Composé d’Arthur Teboul, Clément Doumic, Sébastien Wolf, Antoine Wilson et Raphaël de Pressigny, le quintet revient avec L’Oiseleur, un nouvel album de haut vol – oui, nous aussi, nous excellons dans la poésie – dans lequel ils parviennent subtilement à faire cohabiter alexandrins et mélodies lumineuses. Raphaël, le batteur du groupe, s’est prêté au jeu des questions-réponses et revient avec nous sur l’actu du groupe.

Pour ceux qui n’auraient pas la chance de vous connaître, peux-tu définir ce qu’est Feu! Chatterton ?

C’est un groupe déjà (rires), et, plus sérieusement, c’est surtout un projet qui met en avant la notion de collectif et qui a pour exigence de mélanger l’aspect poétique de la chanson française avec quelque chose de plus rock. Le but est vraiment de faire cohabiter la poésie avec quelque chose de beaucoup plus moderne, de plus violent même.

Après la grosse tournée qui a suivi la sortie de votre premier album, comment se passe celle de votre deuxième opus ?

Vraiment très bien (sourire) ! On refait pas mal de salles qu’on avait eu la chance de découvrir pour le premier album, et les gens qui viennent sont à chaque fois plus nombreux. On n’est jamais trop sûr de retrouver son public, du coup c’est vraiment touchant de voir que certains nous ont suivis, tandis que d’autres viennent pour la première fois. Globalement, je crois que notre public est assez fidèle.

Est-ce que tu peux nous raconter un peu l’histoire de cet album ? Quelle direction vous avez souhaité lui donner ?

C’est drôle, car il n’y a pas forcément eu de dialogues entre nous. On ne s’est pas concerté en se disant « on veut faire un album comme ceci ou comme cela ». Sur le plan musical, nous avons investi dans du matériel, et notamment des nouveaux synthés. Nous avons un peu élargi notre connaissance du synthétiseur analogique : l’album a un peu moins de guitares que le précédent. Évidemment, nous conservons une base rock, mais cela nous a permis de jouer avec d’autres textures. En ce qui concerne le texte, c’est un album qui traite globalement du souvenir et des instants de grâce que l’on peut capturer dans nos vies. Cela peut être une relation amoureuse, une rencontre et tous ces petits moments où l’on sort du quotidien pour se connecter à quelque chose de plus intense. L’Oiseleur, littéralement, c’est certes celui qui capture les oiseaux, mais c’est pour nous, c’est celui qui capture ces instants-là. Ce sont ces moments d’émotions que l’on essaye de capturer dans nos chansons.

Amour et nostalgie sont au cœur du disque. Qu’est qui vous parle dans ces thématiques ?

Clairement, l’amour est au cœur de l’album ; et la nostalgie est un peu le nœud de tout cela. Pas dans le sens d’une nostalgie pesante et sombre, comme ça a pu être le cas dans le premier album, mais plutôt comme quelque chose de joyeux. L’idée est de se dire : « comment se tenir droit en pensant au passé et aux instants que l’on ne peut plus vivre ? »

Du coup on peut dire qu’il est globalement plus lumineux que le premier…

Complètement. Même si le thème d’apparence ne l’est pas forcément, notamment avec les questions du deuil ou de la séparation. On l’a même composé et enregistré dans un état d’esprit où la mélancolie était moins présente parmi nous.

On a le sentiment que cet album est peut-être plus représentatif de ce que vous êtes. Tu es d’accord avec ça ?

C’est vrai. En ce qui concerne les textes, Arthur va dans une intimité plus profonde. Ce qu’il écrit raisonne beaucoup sur ce qu’est l’image du groupe. Sur le plan musical, on a eu plus le temps d’exprimer la diversité de nos influences. Chacun a pu raconter davantage de lui dans cet album. On se connaît mieux aussi : on comprend plus facilement quand quelqu’un propose quelque chose, et on a ainsi plus de facilité à supporter les idées émergentes de chacun. Au final, on a pu explorer une variété musicale plus vaste.


Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le Bold 55 dispo actuellement