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Georgio : « Ma jeunesse est morte mais la suite ne sera que plus belle »

ITW : Pamela MANGO , Carl NEYROUD

Pour sa venue à la Rockhal le 1er mars, nous avons voulu prendre le temps de discuter avec Georgio. Ce jeune prodige du rap français, qui, après le succès de son précédent album Héra et une tournée de 100 dates – dont un Olympia plein à craquer  et de gros festivals -, a pris son temps à l’écart des réseaux sociaux pour travailler sur son nouvel album XX5, référence à un âge symbolique, et dans lequel il nous offre des collaborations aussi prestigieuses qu’inattendues, avec entre autres, Woodkid, Vald, Isha ou encore Victor Solf.

Cela fait 9 ans que tu fais de la musique. Le temps passe vite, 26 ans, un quart de siècle… Le moral est bon ? Car apparemment comme on le voit sur ta pochette d’album ta jeunesse est morte ?!

Ben oui, bien sûr que le moral est bon ! La pochette a plusieurs lectures, ma jeunesse est morte car je me sens plus mature et bien plus grand qu’avant : dans ma manière de vivre, dans ma réflexion, dans ma manière de me situer par rapport au monde, de situer ma musique, mes ambitions…  C’est un peu enterrer une certaine jeunesse pour une autre vie adulte, toute aussi folle, car si tu lis bien sur la pochette c’est écrit en latin « La jeunesse est morte mais la suite ne sera que plus belle ».

D’après nos infos tu as été bercé dans ton enfance par le punk et le rock via ton père et ton frère, puis découvert le rap au collège… Du coup pourquoi le rap au détriment du rock ou du punk ? 

En fait j’écoutais du rock et du punk quand j’étais vraiment jeune, parce que c’est plus la culture de mes parents, de mon frère… Mais quand je suis arrivé en sixième, j’avais douze ans, et tous les mecs de ma classe écoutaient du rap. Dans mon club de basket c’était pareil, donc naturellement je me suis mis à écouter cette musique. J’avais aussi besoin de m’affranchir de mes parents, et c’est passé par le rap. Je suis devenu fou de cette musique et du coup quand j’ai commencé à faire de la musique, j’ai fait du rap.

Quel artiste t’a le plus touché ? 

Quand j’étais plus petit, je crois que l’artiste qui m’a vraiment parlé c’était 50 cent, quand je l’ai découvert c’était incroyable pour moi ! Après ça a tout de même changé, aujourd’hui et depuis des années j’écoute vraiment beaucoup plus de rap français, et en rap français je suis « intestable » ! Des années 80 à aujourd’hui c’est dur de me faire découvrir quelqu’un, alors qu’en rap US on me fait encore découvrir des choses tout le temps.

Et du coup en rap français tu as des préférences ?

Déjà Isha qui est sur mon album ! Et en ce moment j’écoute beaucoup l’album Le Général de MAC TYER qui rappelle mes années collège justement.

Dans Coup pour Coup tu dis : « Entre le poids d’mes pêchés et le prix d’mes erreurs, j’attends qu’le diable m’envoie son devis » : est-ce que tu as peur que la note soit salée ?

Ben ouais c’est un peu ça, parce que j’ai fait pas mal de conneries. Puis il y a plein de choses que l’on regrette. Après quand je dis ça c’est aussi pour le coté imagé de la chose.

Ça veut dire que tu as quand même fait des choses dans ton passé qui ont eu un poids assez important dans ton évolution… Tu voudrais nous en dire plus ?

Si j’ai utilisé cette forme-là, c’est pour ne pas dévoiler trop de choses. Après il y’a des morceaux comme À l’abri où je parlais de certaines erreurs, et où je dis aussi « les plus grandes blessures de nos mères c’est nos erreurs ».

Je préfère garder ça pour moi. Ma musique est assez intimiste mais, généralement,  tout ce qui est plus intime et que je ne dévoile pas trop dans ma musique, c’est que je n’ai pas trop envie d’en parler (rires).

Une question nous trotte dans la tête par rapport à la chanson HIER où tu dis : « Personne ne m’a ramené l’soleil quand dans ma vie il neigeait ». Depuis tu as réussi à trouver ton soleil pour les jours de neige ?

En ce moment plutôt ouais ! Je suis assez solitaire, c’est une phrase que j’ai écrite d’une manière particulière, en pensant à Brassens qui disait « quand dans ma vie il faisait faim », j’avais adoré, je trouvais la tournure très belle et très poétique. Je voulais réutiliser cette idée de tournure et c’est pour ça que j’ai écris ça.

Tu n’attendais pas forcément quelqu’un, c’est plutôt une généralité…

Oui voila c’est une généralité, l’amour ça ramène le soleil, mais pour le coup c’était plus général.

Bleu Noir, comme son nom l’indique, est un album plutôt sombre. Héra parle d’amour et d’espoir, XX5 est le résumé des deux avec une chronique de ta jeunesse faite avec une froide lucidité… Du coup on se demande sur quel sujet tu penses t’orienter pour ton prochain album…

C’est vraiment trop tôt pour vous répondre. Mon dernier album n’a même pas 6 mois, et même si je commence déjà à écrire petit à petit, je n’ai pas encore trouvé l’angle d’attaque pour tout un album, que ce soit dans le style de la musique ou dans les textes !

Un message à faire passer pour le public luxembourgeois pour ta venue le 1er Mars à la Rockhal ?

J’espère qu’il sera le plus nombreux possible, qu’on va passer un moment assez fou ensemble, avec plein d’énergie, des cris et des corps en actions !