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White Coal Addiction : « Garder une petite part de mystère »

Photos : Carl NEYROUD / Deadly Sexy Carl
Textes : Thibaut André
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Evoluant dans les eaux sombres et mélancoliques de la cold wave nimbée de shoegaze, White Coal Addiction est un groupe belge à l’affiche du Donkey Rock Festival le 11 août prochain. De passage à Sélange en Belgique, on en a profité pour rencontrer ses membres afin qu’ils nous en disent un peu plus sur leur passé, leur présent et surtout leur futur. 

Vous avez déjà sorti deux E.P. à ce jour (Minor Offense en 2015 et Major Offense en 2017). Allez-vous sortir quelque chose dans un futur proche ?  

Oli (chant/clavier/guitare) : Oui ! Le 3ème E.P. est enregistré. Il s’appellera Truth. Il sera effectivement composé de cinq titres plus un remix comme les deux précédents E.P. Ca va en fait clore le tryptique des 3 E.P. Il sortira en fait en octobre ou novembre cette année.

Joe (basse) : L’E.P. est produit par Reno Mellow a.k.a. Renaud Labarbe. Nous le remercions au passage.

Le line-up de WCA a pas mal évolué au cours des six dernières années avec une formule tantôt à trois tantôt à quatre. Vous êtes à l’affiche du Donkey Rock Festival le 11 août prochain. Quel genre de set allez-vous dès lors proposer ?

Joe : Un set à trois. (rires – NDLR : nos amis, grands amateurs de calembours, se croient au tennis). Il y aura aussi une vidéo projetée derrière. On va essayer de faire ça court, méthodique et énergique étant donné qu’on n’a que quarante minutes.

Oli : On va avoir Stéphane (NDLR : le batteur) qui va danser derrière ses fûts.

Stéphane (batterie) : Disons que je suis actuellement une formation en flamenco post coldwave et effectivement, ce sera pour moi l’occasion d’une première prestation live. Donc, je confirme : je vais danser. (gros rires)

Outre vos influences musicales évidentes (The Cure, Joy Division, Ride…), avez-vous aussi des influences extra-musicales comme des auteurs, des philosophes, des peintres, etc… ?  

Stéphane : Je ne vais pas parler d’influence mais je dois avouer que le cinéma  de Tarantino me correspond assez bien en termes de personnalité, de manière d’aborder l’art sous sa forme la plus produite. La manière dont il traite les scénarios, les films, la mise en scène, à la fois ça me résume assez bien tout en ne dévoilant pas tout malgré tout.

Joe : Garder une petite part de mystère. C’est un peu notre zone de nébulosité ambiante : que les gens interprètent selon eux, surtout qu’il y a des images derrière. C’est à eux d’interpréter.

Oli :  C’est vrai que la composition des textes est plutôt fantasmagorique. C’est très abstrait et en même temps très délirant.

Joe : La plupart du temps, ce sont des rêves.

Oli : Voilà, exactement, des rêves ou un monde post-apocalyptique. D’ailleurs, mon auteur de prédilection est Barjavel avec « Ravage » ou encore « La Nuit des Temps ».

Vous suivez la scène rock à titre personnel depuis pas mal d’années maintenant. Qu’est-ce qui selon vous a évolué en bien comme en mal ?

Stéphane : La principale difficulté des  projets rock ou musicaux de notre niveau, c’est pouvoir se produire dans des conditions acceptables. On n’évoque même pas la possibilité d’être rémunérés ou d’obtenir un moyen de subsistance. Ne fût-ce que couvrir les frais de fonctionnement pour se rendre à un concert, je pense que depuis 5 ou 6 ans, voire une petite décennie, c’est de plus en plus difficile. Il faut pouvoir produire des démos de plus en plus qualitatives. C’est facilité par l’évolution des moyens techniques à l’heure actuelle. Mais pour ce qui est de se produire en live, même s’il y a une multitude de scènes accessibles, obtenir un défraiement et se faire une place parmi la multitude de projets, c’est vraiment une gageure.

Oli : Je pense que les groupes de reprises prennent une place énorme en termes de public, ce qui est effectivement au détriment des groupes de compo. Un groupe de reprises va amener cent, voire cent cinquante personnes minimum, alors qu’un groupe de compo va en amener cinquante max.

Stéphane : C’est même un peu le « partis pris » des organisateurs qui, c’est de bonne guerre, doivent aussi amortir leurs frais. Les gens de la région préfèrent venir écouter un répertoire connu plutôt que découvrir des compositions personnelles. C’est une difficulté en plus.

Oli : En Allemagne et en Angleterre, c’est exactement le contraire. Les gens sortent de chez eux pour aller découvrir des groupes. C’est une autre culture, une autre mentalité.

Quel regard portez-vous sur la scène belge ? Y a-t-il une séparation nord-sud selon vous ? Avez-vous facilement accès aux scènes luxembourgeoises et françaises en tant que groupe belge ?

Oli : Tu vas dans le nord, c’est comme en Allemagne. C’est germanique donc les gens aiment la découverte.

Stéphane : Il y a vraiment une frontière qui correspond peu ou prou à la frontière linguistique. C’est malheureux mais c’est comme ça. Il y a dans le Nord un intérêt pour une multitude de programmations. Il y a également des festivals éclectiques dont l’entrée est gratuite.

Oli : Maintenant, il y a des gens courageux comme l’équipe du Donkey Rock à Sélange ou encore Pascal Guisse qui, chaque année, propose sur Liège un festival de new wave.

Stéphane : On doit être honnêtes envers nous-mêmes. Vu qu’on est dans la partie de production du prochain E.P., on ne démarche pas. On attend d’avoir le produit fini.

Si un artiste, n’importe lequel, mort ou vivant, devait poser sa voix sur l’une de vos compos, qui choisiriez-vous ? 

Joe : Eddie Vedder (NDLR : chanteur de Pearl Jam) et Brody Dalle (NDLR : chanteuse des Distillers).

Oli : Marie Laforêt sur notre titre « A Project » (NDLR : lien ci-dessous) et Barbara sur « Trauma ».

A PROJECT

Stéphane : Stuart Adamson (NDLR : le chanteur de Big Country). Ce serait super cool.

Infos : www.wca-music.com