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Kruder & Dorfmeister : la formule était qu’il n’y avait pas de formule !

Itw : Carl Neyroud
Photos : DR

Le duo de DJ Autrichien Kruder & Dorfmeister  sera de passage à Den Atelier le 30 avril pour un DJ SET afin de fêter leurs 25 ans de carrière. Rencontre avec l’une des références des remix downtempo/dub.


Peter, si je ne me trompe pas tu étais membre du groupe de hip-hop The Moreaus, tandis que Richard était déjà dans le monde de la musique électronique au sein du groupe Sin. Comment s’est passée votre rencontre et la décision de travailler ensemble ? 

Nous nous sommes rencontrés via des amis communs à Vienne autour des années 1990. Je me souviens super bien de ces vieux jours…. Nous étions des enfants du révolutionnaire home studio : échantillonneur Akai, ordinateur Atari 1040, un mélangeur de ligne simple, 2 platines et un enregistreur DAT permettant de créer des morceaux sans avoir à se rendre dans un studio onéreux avec temps de production limité. Nous avons littéralement vécu en studio et travaillé jours et nuits sur notre musique, développant ainsi nos sons. Le résultat en fut le mini-album sorti en 1993.

On parle souvent de vous comme les précurseurs du son post rave des années 90, vous en pensez quoi ? 

Quand nous avons commencé, Internet et les réseaux sociaux n’existaient pas. Les téléphones portables arrivaient lentement. Je me souviens qu’au début de 1995, nous faisions des concerts au Royaume-Uni lorsque nous avions aperçu Danny (LTJ) Bukem avec un tout nouveau téléphone Panasonic. Il était gigantesque mais c’était le truc le plus cool que vous pouviez détenir à l’époque. De plus, tout le reste a été fait par fax et par téléphone… Auparavant, le business de la musique était plus facile à contrôler par le biais de magazines et de la radio. L’accès aux disques les plus récents n’était pas aussi facile. Il fallait être au bon magasin de disques au bon moment et recevoir ensuite des white labels grâce à vos contacts personnels. Je me souviens que lorsque je suis rentré chez moi après une tournée de K & D aux États-Unis, les messages papier par télécopie circulaient dans tout le bureau et des piles de promos étaient envoyées par la poste. Les maisons de disques avaient beaucoup plus de pouvoir en raison du marché beaucoup plus contrôlé. De nos jours, le flux de communication est beaucoup plus rapide mais il est plus difficile d’atteindre différents coins à la fois.

Vous avez ressenti quoi la première fois que vous avez été sollicité pour des remix de Madonna ou Depeche Mode ?

La formule était qu’il n’y avait pas de formule – du moins dans le style de musique dans lequel nous étions – la plupart des remixes sont des productions orientées dancefloor – mais pour nous, un bon remix peut aussi bien être une piste d’écoute pure. Quoi qu’il en soit, nous avons toujours essayé de transformer les sons originaux en quelque chose de complètement nouveau. Ce n’est peut-être pas la manière la plus rapide et la plus facile de le faire, mais nous avons ainsi pu créer des remix qui durent dans le temps (au moins 25 ans… )

26 ans après vous pensez toujours avoir eu de la chance ?

Il n’y a pas de chance dans le show business, c’est un travail difficile, mais il faut que cela ressemble à quelque chose qui pourrait se faire facilement. La musique évolue et se développe constamment, pour que chaque jour vous appreniez quelque chose de nouveau.

Vous avez toujours refusé de travailler avec un grand label pour garder votre autonomie et rester independent, aucun regret ?

Les gens avaient parfois de fausses attentes. Après la sortie des sessions K & D à la fin des années 90, tout le monde s’attendait à ce que nous jouions uniquement les morceaux de notre album. Mais nous avons plutôt joué ce que nous estimions être juste ce soir-là – parfois une musique uptempo ou drum & bass ou parfois juste dub infusé… c’était la bonne chose à faire à ce moment-là, donc pas de regrets…

Vous vous êtes meme payé le luxe de refuser la possibilité de remixer David Bowie ? comment est ce possible ?

À cette époque, nous avons refusé beaucoup de remixes simplement pour maintenir la qualité de notre son. Dans le cas de David Bowie, nous n’aimions pas vraiment le titre qui nous avait été proposé…

Le 30 avril 2019, vous voici de retour au Luxembourg à Den Atelier. Vous avez un message pour le public luxembourgeois ?

On travaille actuellement avec une équipe visuelle appelée Lichterloh. Avec ces deux gars-là, nous essayons de développer un langage visuel très spécial qui correspond à notre musique… Et musicalement parlant, vous pouvez vous attendre au meilleur de K&D avec bien évidement, comme toujours la petite touche personelle K&D !


Le 30 avril à Den Atelier. Places disponibles sur www.atelier.lu !