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« La Flippe » : une mini série au bout de la folie humaine

Texte : Loïc Jurion & Carl Neyroud
Photos : WAWWD productions

La Flippe histoires courtes, urbaines et organiques, mini série par Jethro Bare & Remi Cluzeau (WAWWD productions 2020), nous invite au bout de la folie humaine. Tour d’horizon d’un projet qui nous a déjà convaincu. 

Cadre fixe, photographie claire obscure, la voix grave d’un Colonel Kurtz 2.0 nous envoûte dès le son du claquement de porte qui ouvre cette courte et intense vidéo. Nous sommes pris au piège dans ce dépoussiérage en règle des Contes de la Crypte avec la mise en ligne du premier épisode de la mini série La Flippe le mercredi 1er avril sur YouTube.

Dans la torpeur du confinement qui a presque réussi à nous faire passer l’envie de plaisanter, on se prend une bonne claque, et, aux vues des paluches pleines de bagouzes du Maître de Cérémonie, ça remet bien les idées en place.

Face caméra, notre narrateur, le charismatique Jethro Bare, allonge les phrases en repoussant au plus loin la ponctuation pour nous happer dans son antre et nous faire basculer dans une zone grise entre légendes urbaines et faits divers. On retrouve un état des lieux à la manière de « Cousin Hubert » qui décrivait le lambda qui se laissait transporter dans les escalators d’une station de Métro dans La Haine de M. Kassovitz.

Durant les 12 épisodes qui seront publiés mensuellement, nous serons invités à découvrir le destin de personnes lambdas qui auront basculé lors d’événements singuliers. Quand les portes de la 4ème dimension s’ouvrent prêt de chez soi, personne n’est à l’abri.

Avec la diffusion de Sans Voix, ce premier épisode met déjà la barre très haut grâce au savoir-faire de Remi Cluzeau qui a dépouillé de tout artifice la mise en scène pour rester concentré sur le flow du narrateur qui absorbe toute la lumière et notre attention.

À contre-pied des vidéos actuelles ultra coupées, nous suivons ce conte horrifique avec plaisir et effrois pendant que le réalisateur nous démontre que « spartiate » n’est pas synonyme de « pauvre » avec un montage efficace et précis qui réussit à rendre maximal l’effet du minimal. Et ça match ! Vivement la suite….


Plus d’infos sur la page Facebook du projet