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Le musée Ludwig de Cologne expose ses plus beaux… faux tableaux

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Distinguer le vrai du faux peut s’avérer une tâche ardue pour les conservateurs de musée, surtout quand il s’agit de l’avant-garde russe. De nombreux musées internationaux en ont fait l’amère expérience, et ont dû remiser des contrefaçons d’oeuvres appartenant à ce mouvement artistique. Ce n’est toutefois pas le cas du musée Ludwig de Cologne, qui a décidé de les exposer dans une nouvelle exposition autour de l’authenticité dans l’art. 

Cette nouvelle exposition s’articule autour d’une trentaine d’oeuvres faussement attribuées à des artistes phare de l’avant-garde russe, tels que Lioubov Popova, Kliment Redko, Nikolai Suetin, Nina Kogan, El Lissitzky. Ces faux sont présentés aux côtés des toiles authentiques qui les ont inspirés, permettant ainsi aux visiteurs du musée Ludwig de se plonger dans l’histoire de ce mouvement artistique particulièrement exposé à la contrefaçon. 

Ce musée allemand est connu dans le milieu de l’art pour son imposante collection de 600 oeuvres rattachées à l’avant-garde russe, qui lui ont été léguées par voie testamentaire par les collectionneurs d’art Peter et Irene Ludwig à la ville de Cologne. 

En effectuant des analyses sur les 100 tableaux de la collection, une équipe de chercheurs a découvert qu’une partie d’entre eux étaient en réalité des faux. Pour ce faire, les chercheurs ont effectué de nombreux tests sur certaines oeuvres dont l’origine est suspecte. 

Parmi elles se trouve le tableau « Landscape (Decomposition of Forms) », qui était jusqu’alors faussement attribué à la peintre Olga Rozanova. Les chercheurs ont remarqué que la composition chimique des pigments de la toile différait de ceux communément utilisés par Olga Rozanova.

Un mouvement artistique controversé

Les résultats de ce travail de recherche sont présentés au public jusqu’au 3 janvier prochain dans le cadre de « Russian Avant-Garde at the Museum Ludwig: Original and Fake ». Bien que ces découvertes soient une nouveauté, l’avant-garde russe a longtemps attiré l’attention des experts pour les nombreuses contrefaçons associées à ce mouvement artistique. Un phénomène lié à la censure dont les artistes de l’avant-garde russe ont été victimes suite à l’accession au pouvoir de Staline au début du XIXème siècle. 

Le musée des Beaux-Arts de Gand a fait l’objet d’une vive polémique en janvier 2018 lorsque des experts ont remis en question l’authenticité de 26 oeuvres d’art moderne russe prêtées à l’institution belge par le collectionneur Igor Toporovski. L’exposition avait rapidement été annulée, et la directrice du musée des Beaux-Arts de Gand, Catherine de Zegher, avait été suspendue.