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Lzzy Hale, Halestorm : « Règle numéro une : ne sois pas un … »

Interview : Pamela Mango

Co-fondatrice du Groupe Halestorm qu’elle a formé avec son frère Arejay en 1997, Lzzy Hale nous a accordé un peu de son temps en plein milieu de sa tournée européenne pour nous parler de Vicious sorti l’année dernière, de sa relation avec son frère ou encore de ses convictions. De quoi nous donner encore plus envie d’aller l’acclamer à l’Atelier le 18 juin prochain.

« Chemical » est une chanson écrite pour soutenir les personnes atteintes de maladies mentales. Pourrais-tu m’en dire davantage à ce sujet ?

D’une certaine manière, on est tous pour la plupart touchés par les maladies mentales, et j’ai moi-même des antécédents familiaux de troubles mentaux. J’ai aussi moi-même souffert d’anxiété, de dépression. C’était une chanson très personnelle, je sentais que je devais commencer à en parler, car il y a encore de tabous sur ces questions, personne ne veut en parler. Ce qui est drôle avec Chemicals, c’est qu’on l’avait enregistré en studio, pour ensuite décider de ne pas la mettre. On l’a finalement ajouté à cette édition spéciale sortie durant le Record Store Day, sans penser qu’elle aurait tant d’impact. Tout à coup, nos fans ce sont mis à nous contacter et à nous faire part de leurs expériences personnelles : c’était dingue. C’est une belle chose de dévoiler cela au public. Et c’est juste le début parce que je suis prêt à écrire de nouvelles chansons qui plongent un peu plus dans le sujet.

Tu joues avec ton frère depuis votre plus jeune âge, est ce que c’est parfois difficile de travailler et du coup de vivre constamment en famille ?

C’est marrant, on en parle souvent avec mon frère et on ne sait vraiment pas ! (Rires) Parce qu’on s’est pas encore entretué ! Vous allez avoir des frères et sœurs qui se détestent ou, comme dans notre cas, des frères et sœurs qui peuvent s’éclater ensemble ! Il a toujours été un prodige de la batterie et c’est la raison pour laquelle on a commencé à jouer si tôt, j’avais 13 ans à l’époque et il en avait 10. On est très complémentaire, c’est une tornade et je suis plus calme. On se respecte en tant que musiciens, et on respecte aussi nos espaces personnels. Il sait aussi quand je lui parle en tant que membre d’un groupe, ou quand je lui parle en mode grande sœur et tu peux tout de suite voir la différence (rires).

Comment se passe la signature d’un contrat chez un label ? 

On a un parcours plutôt unique, car on était déjà un groupe pendant environ une décennie avant de vraiment commencer à parler sérieusement aux labels. Mais ce qui nous a vraiment aidé, c’est que l’on savait qui on était. Lorsqu’on a signé le contrat, c’était un réel avantage, c’était une autre étape du processus. Mais de nos jours, je ne pense pas qu’il soit nécessaire pour tout le monde de signer avec un label, les gens sont tellement plus libres de faire ce qu’ils veulent et peuvent facilement utiliser Internet pour publier leur musique. Nous ça nous a beaucoup aidé. Vous avez une équipe derrière vous qui aide à diffuser vos chansons. Les choses les plus importantes sont les règles les plus simples, que bien souvent, on a du mal à respecter :

Règle numéro une : ne sois pas un connard (rires) car, crois-moi, on s’est fait beaucoup d’amis et on a eu beaucoup de concerts, pas nécessairement parce qu’on était bons, mais parce qu’on est des gens cools !

Règle numéro deux : savoir écrire une chanson, savoir chanter, savoir jouer devant des gens, être préparé ! Assure toi d’être bon dans ce que tu fais avant de te lancer.

Règle numéro trois : détermine qui tu es, ce que tu veux faire, ce que tu veux dire, et suis ce chemin, suis ton étoile. Parce que si ton seul objectif, c’est juste de signer pour gagner de l’argent, tu ne seras jamais heureux.

Vicious est sortie trois ans après Into the Wild Life. Était-ce par choix ou parce que vous aviez eu des difficultés à composer cet album ?

Il y a eu beaucoup de tournées entre Into the Wild Life et Vicious, on était constamment sur la route, du coup ça a été compliqué de terminer l’enregistrement. J’écris tous les jours, c’est quelque chose d’agréablement fou (rires) ! Quand on a fini la tournée et qu’on décidé de sélectionner les chansons pour Vicious, j’ai remarqué que beaucoup d’entre elles, (si on reste dans le même ordre d’idée dont on parlait de retrouver son identité)  sonnaient comme si j’avais essayé de plaire à tout le monde sauf moi-même. C’était des chansons où je me disais “on déjà fait ça” ou “cette chanson sonne trop comme si j’essayais de plaire à la radio” ‘“sur celle-ci sonne trop pop”.

Finalement, on a zappé toutes ces chansons (rires). A ce moment-là, on avait déjà réservé la pré-production avec le producteur de Vicious, Nicolas, au studio. Une fois là-bas, on a enregistré en même temps que l’on écrivait. Ces chansons se développaient dans cet acte de défi, contre tout ce que nous avons appris dans ce secteur de la musique. La première chanson que nous avons finalement enregistrée était en « Uncomfortable » : ce titre a placé direct l’ambiance pour le reste de l’album.

Le prochain album du coup ne prendra pas autant de temps. Je pense que je me suis retrouvée. J’ai tellement confiance en l’écriture de mes chansons et à la place que j’ai dans ma vie. Je me suis concentrée sur mon propre bonheur et c’était une chose positive, alors je suis contente qu’on ait un peu galéré pour cet album, ça en a valu la peine.

Vous aviez été récompensé en 2013 par un Grammy pour la meilleure performance Hard Rock/Metal pour le single « Love Bites (So Do I) », et plus récemments, vous avez été nominé pour la meilleure performance Rock pour Uncomfortable. Quand on jam à 13 ans, on s’imagine obtenir ce genre de récompenses ?

Il y a une différence entre savoir que tu en as la capacité et avoir le courage de tout tenter pour que ça se réalise. On savait aussi que c’était quelque chose qui était probablement hors de notre portée. Il y a une différence entre croire en quelque chose et, le moment où ça se passe vraiment (rires). Pour moi, c’était une blague, je me souviens que je plaisantais avec ma mère et que je lui disais «si jamais j’ai un Grammy, tu seras mon rencard », et la première fois qu’on devait y aller, je lui ai dit: «Maman, tu es toujours mon rencard hein ?! », et du coup j’ai emmené ma mère ! Elle a passé un bon moment, on lui a trouvé une robe et tout ! C’était trop mignon. Au fond, je suis toujours cette petite fille de 13 ans, j’essaie juste de faire du rock ! Le fait qu’on ait eu un Grammy pour notre petit combat, c’est dingue. C’est une sorte de procès personnel, en particulier pour Uncomfortable, le fait que cette chanson soit reconnue, je suppose qu’on pourrait dire que oui, nous sommes fous mais pas stupides, et c’est le meilleur moyen de continuer !

Lzzy, on sait que depuis toujours tu te bats pour l’émancipation des femmes. Tu représentes à toi toute seule l’image de la femme forte, leader de son groupe, multi instrumentaliste, chanteuse… Que pense tu de toutes ces actualités récentes, notamment, cette loi anti avortement en Alabama ?

Tu sais, j’exprime mes préoccupations avec ma vie personnelle, mais aussi avec ce qui se passe dans le monde et justement je suis en train d’écrire à ce sujet !  C’est complétement fou, c’est une bande de mecs qui nous disent quoi faire de notre vie, quelle que soit la situation, sans connaître les circonstances, et ils ne sont pas moi ! Ils ne sont pas nous, ils ne connaissent pas notre situation. Je ne pense pas que cela soit correct, même s’il faut des lois en place pour ça. Mais on ne devrait pas nous dire « Non tu ne peux pas ». Nous nous battons depuis des décennies, j’ai encore regardé récemment des photos de femmes des années 70 qui luttaient pour leur droit, pour la liberté de faire ce qu’elles veulent de leur corps, et c’est ce qu’on devrait avoir, cette liberté de faire ce qui est le mieux pour nous.

 Vous êtes attendus le 18 Juin au Luxembourg, un petit mot pour votre public ?

A tous nos fans et notre public qui sera présent, on fait un show différent avec une set list différente tous les soirs ! Ce que j’aime chez les fans de rock ne viennent pas parce qu’ils n’ont rien à faire de leur vendredi soir, ils mettent de l’argent de côté, ils achètent leur billet et ils viennent parce qu’ils ont besoin d’être là, de s’exprimer ! Quand je rencontre ces personnes qui me disent que mes paroles ont changé leur vie, c’est magnifique ! Alors j’ai super hâte de vivre ça encore au Luxembourg !

Infos et billet ici