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MAZ, dans le labyrinthe de la musique

Texte : Godefroy Gordet
Photo : DR/Fohl Noah

À l’image de sa présence au Sonic Visions en novembre dernier, le jeune rappeur se révèle comme un nom à suivre. Portrait. 

Né au Luxembourg d’une mère d’origine hongroise, MAZ grandit dans un petit village au sud du Luxembourg, à Reckange-Mess. Son parcours, avant la musique, est assez typique pour un gars du Luxembourg. Du haut de ses 19 ans, il sort tout juste du lycée Michel Rodange, son bac en poche au début de l’été dernier.

Depuis toujours, la musique est sa grande passion, « j’ai commencé à jouer des percussions à l’âge de 10 ans et, pendant quatre ans, j’ai pris des leçons de piano ». Arrivé très tôt dans la musique, il développe un projet rap autour du pseudonyme « MAZ ». Un blaze qu’il adopte avec beaucoup de spontanéité, « à mes débuts, quand personne ne savait encore que j’écrivais des morceaux, je me suis demandé pendant longtemps, comment me présenter ». C’est lors de son premier concert en première partie de son idole Ocean Wisdom – grâce aux gars de Stoned Control et Double-D promotions – qu’il choisi MAZ, tout en montrant un peu d’hésitation, « pourquoi Maz ? Je m’appelle Thomas, donc je garde un petit morceau de mon vrai nom, mon identité dans mon monde artistique. Ça me correspond et puis c’est facile à retenir ».

Propulsé dans le monde de la musique après avoir provoqué la sensation au Screaming Field Festival qu’il a remporté l’année dernière, Thomas Faber évoque cette expérience comme un moment clé de son parcours, « avant le Screaming Fields, le rap était déjà ma plus grande passion, mais je ne me rendais pas compte du succès que cela pouvait engendrer ». Le jour du festival, tout en confiance, MAZ met le feu à la Rockhal et remporte le concours sans cacher ses émotions, « ce jour là, dans ma tête, ça a fait tilt ». Depuis ce jour, Thomas Faber a compris que la musique est la chose pour laquelle il veut vivre, « ça a été un véritable moment de vérité. J’ai découvert ce que je voulais faire dans la vie mais surtout qui j’aimerais être ». Ainsi se profile le début d’une carrière artistique professionnelle, « même s’il y a encore un long voyage pour en arriver là, je ne vais rien lâcher ».

« Je veux rester moi-même »

Immortalisation sort le 30 mars 2018 et offre à entendre 15 titres rap plutôt bien ficelés. MAZ écrit ce premier projet musical sur un été, montrant un travail technique et une direction artistique affirmée. Galvanisé, le rappeur commence à écrire les morceaux de ce premier disque juste après le Screaming Fields. « Pendant un été où j’ai vécu des hauts et des bas, j’ai beaucoup réfléchi à mon future. Je me regardais dans le miroir pour trouver des réponses à la question de qui je pouvais être ». De balade en balade, Thomas se questionne sans interruption pour emmètre l’hypothèse d’une immortalisation à travers l’art. Une thématique quasi universitaire qui l’emmène à gratter un premier album plein de maturité, « je pense avoir créé quelque chose qui vivra à jamais sur le net et un album sur lequel je serais toujours moi-même à mes 18 ans ».

De fait, dans la composition de ce disque, MAZ parle de « thérapie » et d’introspection tout en expliquant vouloir toucher l’immortalité par l’art… À l’image des titres de ses morceaux, cet album est une sorte d’autoportrait musical, « j’ai eu la chance sur cet album de pouvoir écrire sur mes problèmes et me confronter à mes peurs ».

Pleinement ancré dans la scène musicale luxembourgeoise, sur ce disque, Thomas Faber collabore avec plusieurs prod’ locaux comme Cehashi – qui a enregistré, mixé et masterisé l’album –, Corbi, Sun Glitter ou encore Mr. Charly et Fresh D. Hence de chez Stoned Control. Des soutiens indispensables pour le jeune rappeur qui se sent très reconnaissant d’avoir pu travailler avec eux sur son premier album. Un disque qui associe une variété de styles, se situant de l’old-school boom bap à la trap wave, influencé également par quelques grands noms comme Ocean Wisdom, Token, Mr Key, Edward Scissortongue et XXXtentacion, « des artistes très différents mais très importants pour mon inspiration artistique ».

« Être sur le même line-up que Moha La Squale est inimaginable »

Alors que le rap et la musique en général, cultive l’image de chanteurs à la cool attitude et autres artifices, le modèle du « rap way of life » de MAZ est plutôt à contre courant… « Pour moi, les rappeurs modernes sont des fois un peu ridicules. Dans mon style je me fais plaisir mais j’essaye de ne pas abuser. Je veux rester moi-même : un garçon normal, de classe moyenne, avec des ambitions et pas un gangster ou je ne sais quoi. J’ai commencé le rap game de cette façon et j’essaye de rester honnête avec moi-même ». Plein de modestie et la tête sur les épaules, MAZ semble disputer un début de carrière sobrement et intelligemment. C’est donc logiquement que se déclinent quelques dates important pour le futur dont celle au Sonic Visions le 16 novembre prochain sur la scène du français Moha la Squale ou du producteur électronique luxembourgeois Napoléon Gold. « C’est une opportunité énorme pour moi. Être sur le même line-up que Moha La Squale est inimaginable. Je commence les répétitions en septembre où j’aurais des vocal coachings et des coachings de scènes etc ». Entretemps, le jeune rappeur veut présenter quelques nouveaux morceaux pour montrer de quoi il est capable et pour peut-être convaincre les pros du circuits.

Tout jeune dans le circuit, MAZ porte pourtant une drôle de maturité qui lui va très bien. On gage d’un succès futur, en espérant que le jeune artiste ne succombe pas à la tentation et aux dérives d’une industrie polluée par le fric. Mais vu le potentiel du garçon, on a l’intuition qu’on écoutera sa musique pendant pas mal de temps encore… « J’aimerais bientôt sortir des nouvelles chansons, avec vidéos. Des titres puissants autant techniquement que dans leurs messages. Je vais poursuivre la ligne adoptée sur Immortalisation, mais il va falloir attendre un peu…».