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Les musées européens peinent à prendre le pli du numérique

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Visites virtuelles, œuvres en réalité augmentée, vidéos TikToks filmées dans des recoins méconnus du public… Les institutions muséales se sont massivement réfugiées dans le numérique pour maintenir un lien avec leurs visiteurs en dépit des restrictions sanitaires liées à la pandémie. Toutefois, une nouvelle étude européenne révèle qu’elles sont nombreuses à se sentir encore démunies face à cette digitalisation express. 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le Louvre a vu sa fréquentation baisser de 72% l’an dernier. Un chiffre alarmant pour l’établissement français, qui avait attiré 9,6 millions de visiteurs en 2019. Mais il n’est pas le seul à avoir été frappé de plein fouet par la crise sanitaire, selon le Réseau des organisations muséales européennes (NEMO). L’organisme a mené l’enquête auprès de 600 musées situés dans une cinquantaine de pays à travers le monde, dont la plupart en Europe. La majorité d’entre eux déclarent que les visites ont diminué de 25 à 75% depuis le début de la pandémie. Deux sur dix ont même accusé une baisse de fréquentation supérieure à 75%. 

Face à l’ampleur du phénomène, les musées ont décidé d’améliorer leur offre en ligne, créant ainsi de nouvelles façons d’interagir avec l’art dans nos quotidiens confinés. Selon NEMO, ils sont plus de deux tiers (67%) à avoir intensifié leurs efforts sur les réseaux sociaux afin de partager avec le plus grand nombre les histoires qui se cachent derrière leurs collections et leurs expositions. Un quart des institutions muséales incluses dans l’enquête se sont lancées dans la création de contenus vidéo. Ce fut notamment le cas du musée Guimet, qui a fait découvrir aux amateurs d’art ses réserves à travers la série « Guimet Underground ».

Une « culture numérique » insuffisante 

Bien que ces initiatives aient souvent été saluées, la plupart des musées interrogés estiment ne pas avoir les compétences nécessaires pour poursuivre leur métamorphose digitale. Plus de 80% réclament « un soutien supplémentaire » pour apprendre à maîtriser les outils numériques et mettre en place une véritable stratégie digitale. Autre point important : 45% des établissements affirment ne pas avoir une « culture numérique » suffisante pour devenir ces lieux d’interactivité que leur public attend. Comme le souligne NEMO, il est essentiel de combler rapidement ces lacunes afin de permettre aux musées de chercher de nouveaux revenus dans le digital. Certains comme la National Gallery et le Victoria and Albert Museum ont déjà amorcé cette bascule en proposant des cycles de cours en ligne et des expositions virtuelles payantes