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Musique: Lous and The Yakuza, à « Gore » et à cris

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Lous and The Yakuza, nouvelle sensation de la scène r’n’b, sort son premier album, Gore, autour de thématiques fortes entre prostitution, cancer ou agression sexuelle.

C’est tout le charme de cette artiste belge qui casse les codes: « Amigo », son dernier single entêtant, n’est pas une ode à l’amitié comme on pourrait le penser mais parle du « cancer, c’est une ode à la guérison », comme elle l’explique. « Je n’ai pas pris l’angle de Stromae (qui évoquait le cancer dans « Quand c’est? ») qui était beaucoup moins festif, développe-t-elle. Il y a eu tellement de maladies graves dans mon entourage qu’il est important de parler de renaissance ».

Le très beau clip du morceau, tourné en Normandie entre les falaises d’Etretat et l’Abbaye de Jumièges, fait la part belle aux danseurs. « Oui, la danse est très importante dans ma culture, dans ma vie, un art extraordinaire. Les danseurs apparaissent dans la moitié du clip, et de toute façon on avait assez vu ma gueule cette année! », s’esclaffe-t-elle.

Indépendance du Congo

Derrière des mélodies efficaces travaillées aux côtés du producteur El Guincho – qui a collaboré avec Rosalia – on trouve aussi dans « Solo » une référence historique à l’indépendance du Congo, le 30 juin 1960.

Sa famille a fui la guerre en 2000 au Congo. Lous est arrivée en Belgique à 4 ans, puis a quitté ce pays en 2005 pour le Rwanda, avant un retour en Belgique en 2011. « Le 30 juin 1960, c’est une date qui fait que je suis libre, qui marque la résistance du peuple congolais, qui est importante pour mon peuple et pour la Belgique », commente-t-elle. « Hasard total, mystère de l’écriture, mon album, que j’ai écrit il y a trois ans sort en 2020, l’année des 60 ans de l’indépendance », se félicite-t-elle.

Tout s’est accéléré véritablement en un an pour celle qui est aussi mannequin, entre le morceau Dilemme (plus de six millions de vues sur Youtube) et un passage par les Transmusicales de Rennes. « C’est un personnage, qui n’a pas sa langue dans sa poche, et aussi quelqu’un de touchant, qui ne cache rien de son existence », raconte Jean-Louis Brossard, le patron des Trans.

« 4 heures du matin », titre choc

Lous a en effet connu une période de « galères », où elle vécu dans la rue. Elle y a croisé des prostituées, s’est intéressée à leur vie, notamment à la question de leurs enfants, ce qui a donné un titre sensible, « Courant d’air ». « Elle écrit super-bien, et puis elle ce titre 4 heures du matin, puissant, où elle arrive à faire une chanson pop sur un sujet super-dur », ajoute Brossard. C’est un morceau qui avait accroché le public à Rennes : Lous y parle de viol, se mettant à la fois dans la peau de la victime et de l’agresseur.

« Pour le clip, quand 4 heures du matin sortira en single, je pense à une animation, parce que ce serait abominable de faire quelque chose de graphique », développe Lous, toujours un oeil sur les visuels qui escortent sa musique. Son symbole – une sorte de Y stylisé – n’a cessé d’évoluer au fil des morceaux lâchés avant l’album (qui sort ce vendredi chez Columbia/Sony), évoquant tour à tour une silhouette humaine, un clitoris et dernièrement une chenille devenant papillon. L’artiste est prête pour son envol.