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Muthoni Drummer Queen : « Les droits des femmes ne sont pas négociables »

Interview : Sarah Braun & Mathieu Rosan
Crédit photo : ©Peter Mutuma for Phocu

Figure incontournable du hip-hop, aux multiples visages, connue aussi bien pour ses sons entraînants que ses textes engagés, la rappeuse kenyane Muthoni Drummer Queen sera à la BAM ce jeudi avec son nouvel album She.

Nous avons eu la chance de nous entretenir avec elle, juste avant sa venue à Metz.

Peux-tu nous expliquer ton nom d’artiste ?

Après un set de percussions avec la communauté Luo au Kenya, mes amis ont trouvé que ce jeu de mots serait cool. Et moi aussi !

Peux-tu nous raconter ton parcours, avant de percer dans le monde du hip-hop ?

Je ne dirais pas que j’appartiens au monde du hip-hop. Bien sûr, j’aime le hip-hop, et ma musique a des connotations hip-hop, mais je ne me considère pas pour autant comme rattachée à ce courant musical. Je chante et je performe depuis que je suis à l’école primaire. En 2004, j’ai décidé d’en faire mon métier.

Quels sont les artistes qui t’ont donné envie de faire de la musique ?

Lauryn Hill, Missy Elliot, Yvonne Chaka Chaka.

En tant que femme, faire du hip-hop au Kenya n’a pas été trop difficile ?

Si, c’est une scène vraiment compliquée. Les lieux, les moments choisis pour les concerts rendent cela plus complexes pour les femmes. Ensuite, cela relève du bon vouloir des programmateurs… Programmer des rappeuses n’est pas du goût de tout le monde.

L’avortement vient d’être interdit en Alabama. Que penses-tu de ce retour du patriarcat ?

C’est une aberration. Les droits des femmes ne sont pas négociables.

 Pour toi, cela signifie quoi d’être féministe en 2019?

Cela signifie que nous devons reconnaître que nous avons été complices du patricarcat, pour nous en libérer et créer de nouvelles normes. Cela signifie donner du sens à l’idée de genre humain ; cela signifie organiser, faire vivre et supporter toutes les initiatives en faveur de cette idée de genre humain. Cela signifie reconnaître la contribution des femmes et leur accorder encore plus de place pour faire entendre leurs voix.

Que penses-tu de l’image souvent donnée aux femmes dans les chansons de rap ?

C’est contradictoire ! Il semble que la représentation de la femme soit souvent destinée au regard masculin. Mais ce point de vue a ignoré le fait que les femmes dans le hip-hop ont des agents et sont de plus en plus libres de décider de leur propre image.

Le hip-hop et le féminisme que tu défends ne sont finalement pas incompatibles avec cet environnement ?

Il n’y a pas une seule façon d’être une femme et le féminisme ne consiste pas à dire aux femmes qui elles peuvent être. L’essentiel est de respecter leurs conditions.

Quelles sont les femmes qui t’inspirent?

Toutes les femmes qui travaillent pour rendre le monde meilleur.

Quels sont tes plans pour l’avenir?

Plus de musique. Plus de festivals. Développer encore et encore cette industrie.