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Nomade, collectif 100% bonne humeur

Texte Noëlle Toutaoui
Photo Nomade

NOMADE. Les mots d’ordre de ce collectif? Création et échange! Sous l’impulsion de 11 jeunes a été inventé Nomade, un collectif du sud de la province de Luxembourg, Athus, vagabondant dans la région afin de la redynamiser. Le projet se veut novateur et ambitieux puisqu’il propose, par le partage de leur passion pour le bois, une redynamisation, un coup de boost’ à leur région. Revaloriser le territoire mais surtout et avant tout tisser des liens entre les gens par l’intermédiaire d’initiatives collectives comme « des stages artistiques, des expo’, des concerts, des festivals, une dynamique face à l’espace urbain, des échanges de services, etc… ». Ce jeune collectif souhaite créer, mais créer ensemble, et développer des opportunités pour créer de nombreux évènements culturels et sociaux. Partout où Nomade passe, on retrouve la magie du vivre-ensemble, l’ambiance chaleureuse et les éclats de rire! Rencontre avec cette bande de potes à la créativité contagieuse.
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Comment vous êtes vous connus?

A la base, on est des copains du coin depuis qu’on est jeune. Un jour l’idée est venue de faire bouger la région. On a réfléchi un peu et en regardant les compétences que tout le monde avait, on s’est dit qu’on allait partir sur le bois. On avait pas beaucoup à investir et le bois est facile à travailler. On pensait que ça allait être super facile à manipuler mais au fur et à mesure que le travail avance on se rend compte qu’il y a pas mal de choses à apprendre, énormément de possibilités!

D’où vous est venu cette idée de redynamiser votre région?

On s’est rendu compte qu’il y avait des petites choses qui bougeaient dans le secteur mais pas assez pour les jeunes. Athus en l’occurrence, n’avait pas une super réputation auprès des gens non plus. Pour nous ce n’est pas justifié. On y a toujours vécu, on s’y est toujours amusé, on a toujours trouvé des choses à faire. De là est donc venue l’idée d’essayer de faire quelque chose pour se rassembler, arriver à rire. Le but est de créer un lieu un peu hybride où, d’une part, on fait de la récupération de bois puis on en fait du mobilier et, d’autre part, c’est un lieu ouvert où les gens peuvent se rencontrer et où on peut confronter un peu les différentes idées pour aboutir à des créations. On travaille le bois et on en fait du mobilier mais on ne s’arrête pas à ça. Le terme exact c’est de la « ressourcerie ».

Que faites vous de tous ces meubles en bois que vous confectionnez?

Bonne question! En fait, notre but principal c’est aussi de créer un réseau pour créer du mobilier, en faire un stock et proposer des solutions aux organisateurs en terme de scénographie. Mais on ne réponds à aucune commande, on n’est pas une usine qui répond à des demandes bien précises en terme de mobilier. On fait un peu de vente mais ne on réponds à aucune commande pour ne pas créer tout le temps la meme chose. La vente n’est pas du tout notre but principal.

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Pourquoi ce nom, « Nomade »?

Nomade car le mobilier part de notre atelier et va dans différents évènements, que ce soit sur le Luxembourg ou dans le sud de la province de Luxembourg en Belgique. On bouge avec notre mobilier.

Et donc quelles sont vos limites géographiques?

Pour le moment, le plus loin a été St-Hubert pour le Mai’li Mai’lo. Dans le futur on aura d’autres évènements jusqu’en France, à Charleville Maizière notamment, mais on aimerait quand même rester dans notre région pour la faire bouger.

Y a-t-il eu un événement qui vous a plus marqué qu’un autre, que vous avez plus apprécier faire?

On a participé à un grand feu à Aubange (Le Clémarais, Belgique « Le Petit Grand Feu ») qui a marqué les gens de la région et qui a vraiment ramené une goutte d’eau à notre notoriété. Le festival nous a permis de mettre en place un workshop où on créait directement sur place. En l’espace d’un weekend, on a créé une table et on a fait tout un concours pour justement gagner un peu de visibilité et faire gagner cette table. Ca nous plaisait un peu plus car les gens pouvaient voir directement comment on travaillait.

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Donc en gros, vous préférez confectionner devant les gens, apprendre aux gens?

Oui, ça nous a tous marqué parce qu’on a eu beaucoup de retours. Mais proposer des solutions scénographiques aux gens nous plait aussi beaucoup. Par exemple, ce weekend, on était avec un collectif qui a 5/6 ans qui s’appelle Eklektik Guys. Ils faisaient un « Piknik » electronique ce dimanche après midi. On leur a proposé quelques solutions scénographiques: un bar, des chaises, un espace cosy…

Vous êtes plus festivals, stages artistiques, expo, sur quoi vous vous concentrez du coup?

On a vraiment aucunes limites. Nomade, c’est notre activité secondaire, on a pas forcément le temps de répondre à toutes les demandes donc on sélectionne des évènements qui nous plaisent mais aussi des évènements musicaux, culturels tournés vers l’artistique, comme des festivals. On a pas mal de propositions intéressantes, mais on ne peut pas répondre à tous parce qu’on n’a pas le temps et qu’on n’a pas non plus toujours les compétences. On est en train d’apprendre aussi, on apprend des un des autres, on apprends en faisant. On choisit les demandes qui sont à notre portée et qui peuvent aussi potentiellement nous faire progresser vers l’objectif qu’on vise.

Quelles activitées avez-vous en dehors de Nomade?

La majorité du collectif travaille. Dans pleins de domaines différents: il y a un électricien, un vendeur, un animateur jeunesse, un gars qui bosse à l’usine, deux étudiants, une chargée de communication, un assureur, des architectes d’intérieur. En gros, un ensemble très éclectique.

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Quelles sont les valeurs qui caractérisent aujourd’hui votre collectif?

L’entraide, concept écolo, peu de moyens! On se rattrape avec le matériel utilisé puisque ce sont des matériaux destinés à être jetés donc on les réutilise. On voit vraiment la nécessité de faire des balances entre tout ça et d’arriver à construire humainement. On essaie un peu de tout, on est encore jeune, on n’en est pas encore là mais on tend vers ces valeurs.

Du recyclage donc?

Du recyclage oui, mais aussi de l’entraide, du partage de compétences, de moyens, de la création, on essaie d’allier un peu tout ça ensemble.

Si vous deviez expliquer Nomade à un enfant de 5 ans?

Alors comment j’expliquerais ça à mon filleul? On prend du bois, on construit des choses avec, on s’amuse bien en le faisant, et le tout dans un but de partage avec les gens. On ne construit pas pour nous mais on construit « pour les autres ». En gros, construire et partager avec les autres. Ca dépend quel enfant de 5 ans aussi (rires).

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Comment voyez vous l’avenir pour le collectif?

On voit un avenir radieux! Jusque là ça tourne très bien, comme je l’ai dit, il y a beaucoup de propositions mais aussi énormément de potentialités qui se présentent de semaine en semaine. En ce qui concerne des projets concrets, Le Cabaret Vert de Charlevilles Maizières nous a proposé de venir avec notre mobilier en vu d’une collaboration pour 2016. Mis à part ce gros événement on aura surtout des collaborations locales qui vont venir puis de petites choses qui vont se rajouter au fur et à mesure. On est également partant pour retravailler avec les gars d’Ekltektik Guys dans le futur, parce qu’on était tous très satisfaits de notre premier événement au Piknik Eklektik. Voilà en somme ce qu’il se prépare pour fin 2015/2016!