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Odezenne : « faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux »

Texte : Sarah Braun
Crédit photo : ©Edouard Nardon & Clément Pascal
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Voilà deux ans déjà que les trois amis bordelais sillonnent les routes et donnent des concerts. Une décennie qui a également donné lieu à trois albums et un EP. Leur tout dernier opus, Au Baccara, vient de sortir et s’est immédiatement hissé au rang de succès.

A l’occasion de leur venue à Metz, à la BAM, vendredi 3 mai, nous avons évoqué avec Jacques (chant) les dessous de leur dernier opus et leur évolution au cours de ces dix années.

Comment est né votre groupe, et d’où vient votre nom ?

En fait, nous sommes des amis de 20 ans, nous nous sommes rencontrés sur les bancs de l’école. Notre nom, lui, était celui du proviseur du collègue dans lequel étaient inscrits Mattia et Alix.

 Au Baccara, votre quatrième album, connaît un grand succès auprès de votre public. Vous attendiez-vous à cela ?

On ne s’attend jamais à un tel succès. Nous étions tellement concentrés sur sa conception, sur les arrangements des chansons, que nous n’avons pas eu le temps de songer au reste.

C’est peut-être le fait d’une alchimie particulière. Nous sommes plus vieux. Forcément, nous avons mûri, nos automatismes sont plus fluides. Les rouages fonctionnent mieux, que ce soit en ce qui concerne la musique ou les paroles. Alix et moi écrivons les textes au premier, pendant que Mattia compose au sous-sol. Il n’y a pas de recette. Parfois la mélodie vient avant le texte. Parfois c’est l’inverse. Chaque rôle est défini, sans que les frontières soient pour autant fermées.

Alors que vous avez débuté avec des sons assez rap, beaucoup de samples, votre musique a considérablement évolué. Comment la définiriez-vous aujourd’hui ?

Du « Odezenne », tout simplement. S’il est vrai que nous avons commencé en nous appuyant largement sur des sonorités électriques, il est arrivé un moment où le besoin de créer a été plus fort que le reste. Le moment était venu de créer vraiment une musique qui nous ressemble. Qui n’était ni l’une ni l’autre, mais une joyeuse et singulière synthèse de tout cela. En ce sens, Baccaraest une belle réussite.

Le baccara fait référence au jeu. La musique est-elle un jeu pour vous ou la prenez-vous très au sérieux ?

On essaye de faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux. Une chose est sûre : on y a pris beaucoup de plaisir. Et puis, il a été enregistré dans un petit studio, près de Bordeaux (d’où les trois fondateurs d’Odezenne sont originaires, ndlr.). On était à la maison, cet album s’est imposé simplement, sa conception ne nous a pas torturés.

L’album a ensuite été mixé à Londres au Konk. Qu’est-ce que cela lui a apporté ?

Ce projet coulait sous le sens dans la mesure où Mattia a travaillé avec des synthés rares et mythiques, datés des années 70’s et 80’s. Nous avons donc décidé de pousser ce parti pris à son apogée en choisissant un studio « à l’ancienne » qui disposait d’une console analogique qui nous permettrait de pousser les sons au maximum.

Pour vous, qu’est-ce qu’une « bonne chanson » ?

C’est celle qui nous plaira à tous les trois, et ce n’est pas si évident que cela. Je ne pense pas qu’il y ait de bonne chanson. C’est délicat comme notion. Surtout que dans Au Baccara, les titres se suivent sans se ressembler. Non pas parce que nous n’avons pas trouvé celle que nous souhaiterions, mais parce que nous avons envisagé cet album comme un recueil, une sorte d’anthologie, qui retracerait une période donnée. Il y a une certaine légèreté, cachée dans la profondeur.

Qu’attendez-vous de cette scène à Metz ?

Nous y sommes déjà venus en 2016, à l’occasion des « Ondes Messines ». Nous avions joué sur le parvis de la Cathédrale Saint-Étienne et nous en avons gardé un super souvenir. Le public était hyper chaud, l’ambiance était cool. Nous en parlions justement la semaine dernière, tous les trois !

Connaissez-vous le Luxembourg ?

Pas encore, mais on adorerait venir y jouer !

Scène vs Studio : que préférez-vous ?

Au début, on préférait la scène et maintenant, nous aimons autant l’un que l’autre. C’est comme lorsque l’on cuisine et que l’on pâtisse. La finalité reste la même, mais le plaisir est différent ! Le côté ‘défouloir’ de la scène est ultra grisant ; tandis que les périodes en studio nous permettent de prendre du recul.

 Vos clips, toujours très travaillés, contribuent à votre univers : est-ce important de créer des images au-delà des sons pour vos fans ?

Réaliser des clips vidéo est un peu une étape obligée, à notre époque. On essaye à chaque fois de faire des clips qui nous plaisent à tous les trois. Derrière chacun, on trouve souvent Alix, qui d’un amusement a fait une passion : scénariser, jouer avec les images, trouver une histoire… C’est un terrain de création assez nouveau pour nous, mais on commence à y prendre sérieusement goût !

Quels sont vos projets ?

Dans un futur (très) proche, la prochaine Fête de la Musique, qui se déroulera sur la place des Quinconces, à Bordeaux et où nous côtoieront l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Ce projet est né par hasard, mais il nous plaît beaucoup ! Après la tournée, nous achèverons de finir le studio de création, ouvert au public que nous avons fondé à Bordeaux… La suite… on verra. À chaque album, on se dit que c’est le dernier… avant d’en refaire un ! On ne se met pas la pression. Et puis, nous préparons une belle surprise pour la rentrée…

Odezenne, le 3 mai à 20:30 à la BAM. Première partie :  Moussa.

Informations et renseignements ici.