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Tête a tête avec Christophe ALI

Texte Kevin Martin
Crédit photo: Tarantula
Légende: Nathalie Baye et Malik Zidi

Ils n’ont jamais eu pour ambition de faire carrière dans le cinéma et pourtant, Christophe Ali et Nicolas Bonilauri viennent de signer leur troisième production. Fraichement débarqué dans les salles luxembourgeoises le 16 septembre dernier, La Volante, c’est l’histoire de l’énigmatique Nathalie Baye, plongée dans la peau d’une secrétaire volante (Marie France), en quête de vengeance après la mort de son fils. A la fois mystérieuse et monstrueuse, cette dernière va s’immiscer lentement mais sûrement au cœur de la vie privée de son directeur (Thomas). Cette co-production franco luxembourgeoise est née d’une obsession commune des deux amis pour le cinéma alternatif. Loin des grosses productions américaines et des blockbuster Hollywoodiens, La Volante est un thriller glacial et prenant, qui nous plonge dans une histoire vraie. En plus d’être talentueux, ils sont vraiment sympa ces parisiens! C’est aux Rotondes qu’on a rencontré Christophe, histoire de papoter du film…

Bonjour Christophe, peux-tu nous en dire plus sur l’intriguant Duo Ali-Bonilauri ?

Le duo Ali Bonilauri c’est une obsession, le cinéma, pour Nicolas et moi, c’est matin midi et soir, au point d’en devenir déstabilisant pour les gens qui nous entourent. Pour la petite histoire, on s’est rencontré dans un cinéma à Gennevilliers, celui de notre enfance et dans lequel on  travaille toujours. C`est là qu’on a fait notre premier film il y a 15 ans. Encore aujourd’hui on se  considère comme exploitant avant tout, on commence tout doucement à assumer le fait d’être réalisateur. Pour nous ce troisième film avec Nathalie marque plutôt l’aboutissement d’une passion, que l’ambition de faire carrière. On arrête jamais, on est toujours à la recherche « du projet », La Volante a peine fini qu’on avait déjà un pied dans un autre projet.

C`est quoi la genèse de ce troisième film ?

On voulait  faire un film à suspense qui se passe dans l’administration, avec l’idée du collègue super mystérieux. Peu à peu on remarque que tout le film se concentre sur le personnage principal, c’est devenu son histoire. C’était un moment important pour l’écriture du scénario dans le sens ou, au bout du compte on trouve de l’affection pour le personnage principal qui est le méchant de l’histoire. On a toujours le même procédé dans nos films, on met toujours en avant un personnage monstrueux chez qui on finit par trouver un peu humanité.

On a aussi l’impression que le spectateur en devient complice…

Oui on a toujours cette idée-là, tout tourne autour de ce personnage. Qu’on puisse aimer un personnage monstrueux. C’est le cœur du film pour nous et tout l’enjeu du scénario.

Justement, comment s`est construit le scénario ?

Avec beaucoup de sueur (rire). Comme on dit souvent avec Nicolas, le scénario pour nous c’est une purge, c’est vraiment beaucoup de souffrance. Pour répondre à ta question, on fait du ping pong journalistique; On travaille avec un petit cercle d’amis à qui on fait suivre le scénario. C`est important pour nous d’avoir des retours. Quand on se raconte une histoire à soi-même ça fonctionne, c’est quand on la propose aux autres que c’est le plus dur. En prenant compte des retours, surtout les mauvais (rire), on s`aperçoit qu’à la fin, le scénario est bien différent. On essaye toujours de satisfaire les personnes avec qui on collabore tout en restant nous-même. C’est un bon moyen de se remettre en question et de faire évoluer l’histoire!

On retrouve pas mal d’influences cinématographiques sur certains plans…

Totalement, et en plus on l’assume vraiment! Rien n’est dissimulé au contraire, on dit ouvertement qu’il y  a des références aux  films que l’on aime comme Fenêtre sur Cours ou Pas de Printemps pour Marnie.

Un grand Fan d’Hitchcock?

Tout à fait, c`est le cinéma qu’on aime! L’ombre d`Hitchcock plane tout au long du film, mais c’est pas pour autant qu’on fait du Hitchcock. Ça reste un hommage pour dire simplement bravo! Mais très franchement, ces références sont apparues à la mise en scène sans forcément qu’on s’en rende compte.

Nathalie Baye c’est un peu votre Janet Leigh ?

Oui (rire). C`est notre Janet Leigh, notre Tippi Hedren, toute ces héroïnes d`Hitchcock à la fois froides et sexy.

D’ailleurs pourquoi l’avoir choisi elle pour incarner le rôle de La Volante? Son personnage est très éloigné de ceux qu’elle à l’habitude d’incarner

Nathalie c’est l’élégance, une comédienne de cette tranche d’âge, belle, classe, droite avec un grand contrôle d`elle-même, pour nous c’était exactement le personnage qu’elle devait incarner. On est sur qu’elle-même s’est reconnue directement dans le rôle. Je crois qu’on est tous à la recherche de comédiens qui acceptent de jouer à l’opposé de tout ce qu’ils ont fait avant. Mais je ne suis pas trop pour le contre-emploi. Il faut que le rôle qu’on propose ressemble au comédien sinon on est à côté de la plaque et ça se ressent.

Une partie du film a été tournée au Luxembourg. Pourquoi s’être aventuré au Grand-Duché ?

On avait déjà commencé à faire des repérages pour un autre film dans le coin de Longwy. C`était l’occasion pour nous de faire une première virée du côté d`Esch à ce moment-là et on a adoré. II y a une ambiance de dingue! On aurait pu le tourner à Paris, mais on a eu cette proposition du Luxembourg, et après avoir vu les décors ici on s’est dit qu’on allait changer. Pari gagné, on a été très surpris! Des lieux comme la mairie de Mondorf par exemple, c’était bien au-dessus de nos espérances. En France ça n’existe pas. Il y a de véritables talents aussi, on a mixé le film ici, et au niveau de la technique c’est vraiment des conditions optimales. Comparé à il y a 15 ans, le niveau du cinéma luxembourgeois est vraiment monté d’un cran!

Sorti en France il y a quelques semaines et maintenant au Luxembourg . Quels sont les retours des spectateurs?

Avec les spectateurs ça se passe très bien, mais avec la presse un peu moins. Les critiques ne sont pas forcément positives surtout en France ou c’est toujours délicat avec les films de ce genre. Mais nous on vient d’un cinéma plus populaire, on ne fait pas le film pour la presse mais pour la passion!