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Un Cyberpunk polonais s’attaque au monde

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Après quelques jours de la sortie du Cyberpunk 2077, jeu vidéo peut-être le plus attendu de l’année, son héros, « V », blouson cuir stylé et pistolet à la main, s’affiche aussi bien à Varsovie qu’à New York, mettant en ébullition la communauté mondiale des joueurs.

La campagne publicitaire pour ce jeu qui se déroule à Night City, ville dystopique de demain, est massive, reconnaît à l’AFP Marcin Iwinski, 46 ans, chef et co-fondateur du studio CD Projekt RED qui a créé le jeu.

Lancée dans 55 pays et en 34 langues, cette campagne est comparable à « celle d’un bon film », dit-il sans toutefois préciser la somme. Des médias évoquent des dizaines de millions d’euros.

Le budget total du jeu est estimé à 1,2 milliard de zlotys (270 millions d’euros), selon la banque polonaise BOS, ce qui ferait de Cyberpunk 2077 un des jeux vidéo les plus chers de l’histoire.

« Quelque chose d’exceptionnel »

Mais si la somme donne le vertige, les joueurs sont sensibles à d’autres valeurs. Le précédent opus de CD Projekt RED, « Le Sorceleur, Wild Hunt », un sombre conte fantasy, dont le héros aux pouvoirs surhumains est un tueur à gages de monstres, évoluant dans un monde imaginé par l’écrivain polonais Andrzej Sapkowski, a propulsé le studio sur le devant de la scène mondiale et en haut de la bourse de Varsovie.

Après son lancement en 2015, il a connu un énorme succès financier et raflé une multitude de récompenses. Cinq ans plus tard, il est quasiment inégalé, selon de nombreux joueurs qui le respectent pour l’importance du monde ouvert, la qualité de l’histoire racontée, des dialogues, des graphismes, de son humour enfin, éléments devenus signes de reconnaissance du studio polonais.

Au lieu de produire un nouvel épisode du Sorceleur, CD Projekt RED a pris le risque de s’attaquer au monde dystopique qui trouve ses origines dans le jeu de rôle Cyberpunk 2020 imaginé par l’Américain Mike Pondsmith. « On propose une nouvelle qualité en ce qui concerne l’immersion du joueur dans l’histoire, son interaction avec d’autres personnages, les dialogues, la façon de se déplacer » dans Night City, souligne Marcin Iwinski.

Pour Adam Lach, photographe polonais passionné de jeux vidéo, Cyberpunk est « quelque chose d’exceptionnel dans la culture populaire ». Le jeu pose « des questions sur notre vision du monde, où nous allons, alors que la plupart des jeux sont juste du divertissement », estime M. Lach.

« Cette fois est la bonne »

Evoqué pour la première fois en 2012, Cyberpunk 2077 a finalement été annoncé pour l’automne 2020, avant que sa date de sortie ne soit repoussée à trois reprises, au 10 décembre. Désespérés, certains joueurs ont menacé de mort les développeurs. « Cette fois c’est la bonne », assure Marcin Iwinski qui explique les retards par la complexité du jeu et le nombre de plateformes sur lesquelles il sortira – neuf.

« Le jeu est immense. Dans sa version anglaise, il compte 450 heures de dialogues, avec plus de 125 acteurs. On peut y passer de nombreuses heures car le jeu n’est pas linéaire. Je ne dirais pas que c’est infini car les missions se terminent à un moment mais c’est gigantesque », dit-il.

Le jeu sort en 18 langues différentes, dont 10 versions entièrement doublées. Pour mettre toutes les chances de son côté, le studio a séduit un des acteurs vedettes les plus cotés, Keanu Reeves, connu pour ses rôles dans « Matrix » ou « John Wick ».

Dans le jeu, il prête son visage à l’un des principaux personnages, Johnny Silverhand. Pour M. Iwinski et d’autres créateurs, Cyberpunk parle surtout de nous, « c’est une vision de réalité imaginable ».

« Aujourd’hui, nous avons déjà des implants, pas aussi sophistiqués que dans notre jeu, mais on peut imaginer que dans dix ans tout ressemblera à cela. Cyberpunk est une extrapolation de l’avenir. On verra s’il ressemblera à cela ».