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P-E Barré : « J’aime l’argent et les gens pas trop bronzés, j’aurais aimé naître au Luxembourg »

Mathieu Rosan

De passage à la Kulturfabrik mercredi 21 février, Pierre-Emmanuel Barré nous avait accordé un entretien avec toute l’irrévérence et l’impertinence qui le caractérisent. Noir et effronté, l’humoriste est à l’image de ses spectacles : cru, cynique, mais surtout… extrêmement drôle. 


Au sujet de votre ancien spectacle, vous avez déclaré qu’il n’était pas porté sur l’actualité et la politique, mais sur le social. Dans un autre média, vous dites que le nouveau c’est de l’actualibite. Vous pouvez nous expliquer le concept ?

Je suis un peu surpris que vous ne connaissiez pas ! Ça peut paraître compliqué, mais ce sont pourtant deux thèmes qui se marient à merveille. Tenez, prenons un exemple spécial Luxembourg : avec l’évasion fiscale, on se fait bien baiser. Paf ! de l’actualité et de la bite. C’est redoutable de simplicité.

Vous pointez souvent l’absurdité tragique de l’actualité et la bêtise humaine. Finalement, si l’homme était foncièrement bon, vous vous ennuieriez, non ?

Oui, probablement, mais ne vous en faites pas pour moi, ce n’est pas demain la veille que je serai au chômage…

Y a-t-il un sujet sur lequel vous n’arrivez pas à plaisanter ? Par exemple nous, on ne rigole jamais sur le choix de celui qui paye l’apéro. 

Je parie que ça ne tombe jamais sur Juncker, il est très fort pour éviter de payer des trucs. Moi aussi, j’ai mes limites, je ne parle jamais des chips de betterave, ça me révolte. On pourrait faire un apéro ? C’est vous qui payez et j’apporte des vraies chips.

Comment expliquez-vous que le politiquement incorrect ne fasse pas rire tout le monde ?

Ah, ben c’est valable pour tout ! J’ai entendu des blagues politiquement très correctes et pas marrantes du tout. Les gens ont tous une sensibilité différente. Par exemple, ma femme est vaginale, alors que ma grand-mère est clitoridienne. Dans l’humour comme dans le sexe, il faut savoir s’adapter au public.

Vous allez jouer ici au Luxembourg en février, un pays sur lequel les Français aiment beaucoup plaisanter, notamment à cause de sa réputation de paradis fiscal. Quelle image avez-vous du Grand-Duché ? (On vous conseille d’être sympa, surtout si vous voulez vraiment profiter de toutes les spécificités de ce beau pays et faire d’avantage fructifier vos économies qu’avec votre livret A).

C’est un pays merveilleux. Souvent, je dis à mes amis : j’aime l’argent et les gens pas trop bronzés, j’aurais aimé naître au Luxembourg. En revanche, c’est tout petit. Il paraît que si tu veux naître au Luxembourg, ta maman doit avoir une fesse en Allemagne et une fesse en France. Mais vous avez un roi, c’est la classe ! Nous, on a Emmanuel Macron, c’est naze (ndlr : oui, il est persuadé qu’on a un roi).

Vous alternez beaucoup entre les sujets assez lourds – que vous traitez avec le cynisme qui vous caractérise -, et les blagues beaucoup plus light. Vous êtes un scatologue hors pair, d’ailleurs.

Oui, il faut varier les plaisirs. On ne peut pas séquestrer des gens dans une salle de spectacle pendant 1h10 et leur faire des blagues sur les migrants qui font monter le niveau des océans en se noyant en Méditerranée. Après, ils se suicident et on doit rembourser les fauteuils tâchés. Une bonne petite blague de caca de temps en temps, ça détend tout le monde.


Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le Bold #50 dispo actuellement.