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Portrait – Klara Troost, multimédium artistique

Texte : Godefroy Gordet
Images : Klara Troost

Après avoir découvert une fresque de Klara Troost à l’exposition Aal Esch initiée par le collectif Cueva à Esch-sur-Alzette, on avait vraiment hâte d’en savoir plus sur le travail surprenant de l’artiste differdangeoise. Portrait. 

Photographe, graphiste, artiste des arts visuels et de l’espace, formée à l’ESA Saint Luc de Bruxelles, à l’École Lette Verein de Berlin et actuellement à l’Université des Arts de Berlin, la jeune artiste ne se restreint à aucun médium ou pratique artistique. Élevée au sein d’une famille où l’art est très présent, Klara Troost est vivement encouragée à faire du domaine sa préoccupation principale, pour aujourd’hui imaginer un futur post-universitaire ancré dans l’aboutissement de ses ambitions artistiques.

Son approche apparaît comme interdisciplinaire, tous domaines et médias confondus, « j’ai l’habitude de choisir le médium à posteriori de l’idée et du concept même d’un projet, j’apporte donc beaucoup d’importance à toutes les formes de médium quelles qu’elles soient ». De fait, ses préoccupations et thématiques artistiques sont encore plutôt volatiles, « je suis curieuse et vise à approfondir mes connaissances sans me poser de limites ».

Pourtant, lorsque l’on pose un œil sur les œuvres de Klara Troost, même s’il y a bien ce caractère évaporé qui se décline, a contrario, on y voit quelque chose de très concret dans le style et cohérent dans le processus.

Dans un autre registre, Klara Troost travaille sur des projets interactifs, comme dans Touch to alter (créée en collaboration avec Ole Paland), une œuvre que le spectateur active au touché, « c’est en fait une affiche interactive, proche de la sculpture, réagissant avec l’observateur par divers effets ». Un projet qui l’engage à se confronter à la technologie, ses codes et le message qu’elle transporte.

Ainsi, elle explique ici mettre en dialogue « technologie et typographie ». Des nouveaux enjeux artistiques induis par les nouvelles technologies que l’artiste commence tout juste à toucher du doigt, « une approche de l’art et des nouvelles avancées technologiques est pour moi fondamentale, car en plus d’être une thématique contemporaine, elle constitue un terrain de jeu nouveau et en pleine expansion ».

« Artiste chercheuse »

Comme suite logique, elle crée Forget me not, une œuvre à l’esthétique brute et poétique, où elle explore cette fois, le caractère éphémère du souvenir, « j’ai eu le sentiment de pouvoir propulser ce concept dans un autre univers en le confrontant aux avancées technologiques. Dans l’idée des connexions neuronales, il m’est paru logique de mettre en relation l’électricité de ces dispositifs en relation avec le thème de la mémoire ».

L’artiste décrit ainsi cette installation comme une sorte de réseau neuronal, qui serait le « reconstructeur » de la mémoire. Une position qui comporte un drôle de paradoxe, dans le sens où elle traite la thématique de la mémoire en utilisant des objets technologiques qui nous la font perdre ou qui nous poussent à ne plus faire l’effort de nous en servir. Un aspect qu’elle assume totalement, d’autant plus dans sa posture actuelle d’« artiste chercheuse ».

C’est dans cette belle dynamique de recherche esthétique et stylistique, Klara Troost prépare une résidence artistique au château de Vianden et une exposition personnelle à la galerie ViArt, également à Vianden, entre juillet et août 2020. Une belle occasion pour la jeune artiste de montrer son travail, à l’aube d’une carrière florissante, « je m’estime heureuse d’avoir reçu l’opportunité d’une résidence au château de Vianden aboutissant sur une exposition individuelle ».


Retrouvez l’intégralité du portrait de Klara Troost dans notre édition 62 disponible actuellement.