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Le Magazine

BOLD MAGAZINE

Bold Magazine est un média lifestyle, urbain et luxembourgeois. Composé de cinq cahiers mêlant Actu’, Culture, Tendance, Exploration et True Life, Bold Magazine s’adresse à un lectorat mixte, compris entre 25 et 40 ans… Mais Bold, c’est avant tout un état d’esprit, une façon de penser, une sorte de Way of Life. Quoi qu’il arrive, Bold sera votre guide…

Bold porte un regard pointu sur les tendances dans tous les domaines. Le ton est proche du lectorat, pertinent, affûté et direct. Les articles sont traités avec l’exigence du journalisme, mais avec une pointe de dérision et de légèreté.

Notre distribution gratuite dans des lieux sélectionnés garantit une diffusion optimale. La ligne éditoriale exigeante et de proximité est soutenue par un graphisme épuré, laissant une large place aux photographies.

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#54

Bold#54

DÉSINTOX ESTIVALE Alors que l’été touche à sa fin et que la majorité d’entre nous a repris le chemin du travail, nos feeds Facebook, Instagram et autres stories Snapchat commencent à retrouver un rythme de croisière après un été riche en publications en tous genres. Alors que dans mon dernier édito, j’évoquais les années 90 comme étant la dernière décennie épargnée par les réseaux sociaux – avec un brin de nostalgie, il faut dire –, j’ai décidé de me faire une petite désintox estivale. Et devinez quoi ? J’ai survécu ! On se souvient tous du moment où nous avons débuté notre relation avec les réseaux sociaux. Pour la plupart des personnes de ma génération, celle-ci a débuté à la fin des années 2000 avec l’émergence d’un outil révolutionnaire pour l’époque : Facebook. Comme beaucoup, j’ai cédé aux sirènes d’une nouvelle existence sur ce qui était à l’époque l’émergence du web 2.0. Nous étions le 2 juin 2009 et commence alors les « Te voilà enfin ! », « Tu vas être accro tu verras… » et autre « Bienvenue sur face de bouc, ptdr » – oui, mes amis avaient beaucoup d’humour à l’époque –, qui viendront fleurir mon fil d’actualité. À ce moment-là, Messenger n’existait bien évidemment pas et nous trouvions cela normal de discuter par mur interposé. Logique en même temps, pourquoi continuer à s’envoyer des SMS alors que l’on peut exposer à tous nos conversations ? Comme beaucoup, j’ai ensuite amorcé ma nouvelle existence numérique, en suivant le mouvement, nous poussant à dévoiler une mosaïque de morceaux choisis de notre vie – les meilleurs évidemment –, dans lesquels il est indispensable de montrer à quel point nous avons tous des existences passionnantes. Puis sont arrivés Twitter, Instagram et autre Snapchat, et cet exercice de représentation s’est transformé en numéro de cirque, dans lequel il nous faut désormais jongler, tout en prenant en compte les variables qui font que telle ou telle publication est destinée à tel ou tel réseau social. Tous ont, à petit feu, vampirisé nos vies ajoutant d’ailleurs avec le temps – comme si tout cela ne suffisait pas –, de nouvelles fonctions telles que les stories ou le fait de pouvoir republier une ancienne publication. T’as loupé la photo de mes pieds à Palavas les flots en 2015 ? Ne t’en fais pas, je vais à nouveau t’infliger ça, trois ans après, pendant que tu avales ton club sandwich du midi entre deux réunions. Les publications occasionnelles ont laissé place à un exhibitionnisme exhaustif dans lequel on se retrouve abreuvé, quasi quotidiennement, de contenus plus vides de sens les uns que les autres. Selfies en tous genres, assiettes de bouffe, séances de shopping, de sport, sorties et tout ce qui entoure le quotidien incroyablement banal de nos centaines d’amis virtuels. Bien évidemment – n’allons pas jusqu’à nous transformer en Candide version 2K18 –, l’avenir continuera à passer par ce type de médias. Malgré tout, on peut espérer qu’un jour la lassitude de se muer en wannabe du cool aura pris le dessus et, peut-être, pourrons-nous enfin profiter de ce qui nous entoure. D'ailleurs qui sait ? Peut-être qu’à ce moment-là, les photos de pizzas, de pieds et autres autoportraits floqués de citations chopées sur Google me manqueront. Ou pas. Mathieu Rosan
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